A court de devises, le Zimbabwe emprunte aux banques africaines

Débouté par les bailleurs de fonds classiques tels que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale en raison d’arriérés de plus de 2,4 milliards de dollars, le Zimbabwe s’est tourné vers les financiers du Continent et les banques locales pour consolider son budget. Le pays qui essaie de s’extirper d’une crise financière qui perdure depuis le début des années 2000 a obtenu un prêt de 985 millions de dollars de banques africaines.
Discrédité auprès des bailleurs de fonds, le Zimbabwe a emprunté 985 millions de dollars auprès de banques africaines, en 2018. Un montant qui, selon sa Banque centrale, couvre les importations de première nécessité notamment en carburant pour un mois. Le pays qui ne dispose que de 500 millions de dollars de réserves, souffre d’une sévère pénurie de dollars, selon le gouverneur de la Banque centrale zimbabwéenne, John Mangudya. Ce dernier a précisé que son pays s’est précisément endetté à hauteur de 641 millions de dollars auprès de la Banque africaine d’exportation et d’importation (Afreximbank). Le Zimbabwe a également obtenu 152 millions de dollars de la Banque de commerce et de développement de l’Afrique orientale et australe ainsi que 25 millions de dollars à la Banque centrale du Mozambique.

Les termes des emprunts stipulent que les montants seront remboursés par des recettes en provenance du secteur aurifère du pays, sur une période de trois à cinq ans, à un taux d’intérêt de 6%, selon le gouverneur de la Banque centrale zimbabwéenne, Mangudya, s’adressant à une commission parlementaire. L’or, premier minerai d’exportation du pays, a généré le tiers des recettes étatiques de l’année dernière. «Les prêts en question sont des facilités bien structurées, contractées l’année dernière. Ils seront payés sur les futures créances d’exportation de l’or», a déclaré Mangudya à un comité parlementaire du Zimbabwe dont le budget annuel s’est chiffré à 4,2 milliards de dollars en 2018.
Réformes face au marasme économique au Zimbabwe
L’économie zimbabwéenne va mal. Selon le directeur de la Banque centrale, les emprunts gouvernementaux à la Banque centrale ont atteint 2,99 milliards de dollars à la fin de l’année 2018, soit le triple de la limite de découvert autorisée. Le pays doit des arriérés de 2,4 milliards de dollars aux principaux bailleurs de fonds, à savoir le FMI et la Banque mondiale.

Une situation héritée du régime de Robert Mugabe, à laquelle le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa a promis de remédier. A la tête des réformes, la réduction des emprunts pour regagner la confiance des marchés et relancer l’économie, sous la direction de l’économiste et ministre des finances du pays d’Afrique australe, Mthuli Ncube.
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