Afrique-UE : Dix ans de partenariat dans le domaine de l’énergie

Depuis dix ans, l’Afrique et l’Union européenne sont liées par un partenariat stratégique pour l’énergie. Axé principalement sur la sécurité des approvisionnements et le développement des énergies renouvelables, il remplit pour l’instant ses objectifs, et même plus. Un constat encourageant, à deux ans de la fin de ce programme prévue pour 2020.

En 2007, dans le cadre du second sommet Afrique-UE, qui se tenait à Lisbonne, les chefs d’État et de gouvernement africains et européens ont lancé la Stratégie conjointe Afrique-UE (JAES). Celle-ci comprenait huit partenariats stratégiques, dont l’un consacré à l’énergie. Ce Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE) est alors destiné à offrir un espace de dialogue politique et économique entre les acteurs de l’énergie sur les deux continents. Son objectif est triple : «accroître l’efficacité des efforts pour sécuriser des services énergétiques fiables et durables», «améliorer l’accès à des services énergétiques modernes», et «augmenter l’usage efficace des énergies renouvelables en Afrique».
En 2015, lors du sommet du G7 à Elmau, en Allemagne, celui-ci reconnaît d’ailleurs le PAEE comme un intermédiaire essentiel pour la promotion et le développement des énergies renouvelables sur le continent africain. Depuis, notamment dans le cadre des Accords de Paris sur le changement climatique (adoptés en décembre 2015), la coopération entre l’Union européenne et l’Afrique s’est encore approfondie, notamment par le biais de l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (IAER), dont l’Europe est l’un des principaux partenaires. Ainsi, l’Union européenne contribuera à hauteur de 300 millions d’euros aux 19 nouveaux projets lancés par l’IAER en 2017. Ceux-ci représentent au total 4,8 milliards d’euros d’investissements, pour une production estimée à 1,8 GW.
Objectifs dépassés
Selon un rapport publié fin 2017, les efforts du PAEE semblent déjà avoir porté leurs fruits. L’objectif était d’amener l’électricité à 100 millions d’Africains supplémentaires ; ils seront vraisemblablement 223 millions, ce qui constitue un indéniable succès. Surtout, dans le domaine des énergies renouvelables -qui sont au cœur du PAEE, afin d’offrir la plus grande indépendance énergétique possible au continent-, les résultats sont positifs. Premier de la classe, le solaire explose les scores. Deux chiffres résument bien la situation. En 2010, sur l’ensemble de l’Afrique, les installations solaires représentaient à peine 146 MW. Fin 2016, on avait déjà atteint 2 382 MW, soit une croissance de plus de 1531% en six ans !
La PAEE prévoit que 7,7 GW au total seront disponibles en 2020. Une partie de cette électricité est d’ores et déjà fournie par des petits systèmes individuels off-grid, un marché en plein essor ces derniers mois. Même constat du côté de l’éolien, dont la puissance totale atteint 3 822 MW (1 207 MW en 2010). D’ici 2020, ce chiffre devrait atteindre 9 GW, soit 4 GW de mieux que l’objectif initial.
L’hydroélectricité restera encore longtemps la principale énergie renouvelable en Afrique. Depuis 2010, 6 984 MW supplémentaires sont disponibles, pour une production totale estimée à plus de 40 GW en 2020, au-delà des 37 GW escomptés. Parallèlement, une énergie non renouvelable est, elle aussi, en plein boom : le gaz. Produit en quantités importantes sur le Continent, meilleur marché et moins polluant que le pétrole, il devrait de plus en plus entrer dans le mix énergétique des pays africains.
(Source : https://afrique.latribune.fr)

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