Conservation des aires protégées : Des contraintes majeures décelées

Dans le but d’apporter des solutions durables à la dégradation des ressources et aux menaces qui pèsent sur les réserves de biosphère, le Programme de micro financement du Fonds pour l’environnement mondial (Ppf/Fem), en collaboration avec la Fondation pour les Nations unies et le Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, a procédé au lancement du Compact. Sous l’égide du ministère de l’Environnement, de nombreuses contraintes ont été détectées au niveau des aires protégées.

Les aires protégées au Sénégal rencontrent un certain nombre de difficultés. Parmi lesquelles on peut citer le braconnage, l’application des textes qui est un peu difficile, la surexploitation des ressources ligneuses, les feux de brousse et faible niveau d’implication des communautés dans la gestion des ressources naturelles situées dans les réserves de biosphère. Cette révélation est de Assane Goudiaby, enseignant-chercheur à l’Institut des sciences de l’environnement, et membre du Comité national de pilotage du Programme de micro financement du Fonds pour l’environnement mondial (Fem).

À celles-là, s’ajoutent d’autres contraintes majeures avec la présence des aires protégées au niveau des frontières. « Les autres problèmes sont liés à l’insuffisance des moyens, parce que chaque aire protégée doit recevoir son budget pour exécuter ses dépenses, même si ce dit budget devient de plus en plus difficile à mobiliser et parfois même insuffisant », a-t-il déploré. M. Goudiaby s’exprimait en marge du lancement de la deuxième phase du Programme de gestion communautaire pour la conservation des aires protégées (Compact), qui est un sous-programme du programme de micro financement du Fem.
Ce programme qui vise les aires protégées que sont les réserves de biosphère normales que celles transfrontalières, va concerner les réserves de biosphère du Delta du Saloum, Niokolo Koba, Samba Dia, Ferlo, Delta du fleuve Sénégal. Son objectif est de renforcer les moyens des communautés locales pour leur permettre de mieux contribuer à la protection et à la conservation de ces ressources naturelles qui sont dans les aires protégées. Mais aussi, il augmente leurs moyens d’existence durables pour améliorer leurs conditions de vie, tout en mettant l’accent sur la formation.
Le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Abdou Karim Sall, venu présider la cérémonie de lancement de la deuxième phase du compact, a d’abord salué le choix porté sur son département, avant de magnifier les résultats probants obtenus au terme du premier programme qui ont fortement motivé les partenaires qui sont le Programme de micro financement du Fonds pour l’environnement mondial et la Fondation pour les nations unies et le Centre du patrimoine mondial de l’Unesco à renouveler leur accompagnement. De son avis, ce lancement offre l’opportunité de « partager les acquis sur les aspects liés, notamment, à la conservation et à la valorisation de la diversité biologique » mais surtout à « l’amélioration de la résilience des communautés » face aux effets néfastes du changement climatique. « L’ampleur de la dégradation de l’environnement appelle à une synergie d’actions, impliquant toutes les forces vives soucieuses d’un monde meilleur pour les générations actuelles et futures », a-t-il noté.
La première phase du programme Compact, déroulée entre 2007 et 2012 avec au total 22 projets, a eu des impacts positifs sur la réserve de biosphère transfrontalière du delta du fleuve Sénégal qui constituait son cadre d’intervention. Elle a visé précisément le Parc national des oiseaux du Djioudj, la réserve spéciale de Faune du Ndiaël, la réserve spéciale de Faune de Gueumbeul, le parc national de la langue de Barbarie, les forêts classées de Ndiaye, Maka Diam, Goumel, Rao et Mpal.

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