Disparition de pêcheurs en mer : Greenpeace demande à l’Etat de renforcer de la sécurité

Greenpeace Afrique a organisé ce mardi 23 Octobre 2018 une conférence sur les disparitions de pêcheurs dans les eaux sénégalaises. D’après l’organisation, ces deux dernières années, au moins 226 pertes en vies humaines et portés disparus en mer ont été enregistrés. Et le dernier rapport publié par la Direction de la Surveillance et de la Protection des Pêches du Sénégal (DPSP) montre qu’en 2017, 92 accidents dont 140 victimes parmi lesquelles des pêcheurs artisans.

Durant la rencontre, Greenpeace Afrique diffusé un documentaire inédit sur les nombreux cas de disparition de pêcheurs artisans dans les eaux sénégalaises.
Le film de dix minutes intitulé : « La voix des disparus » est un ensemble de témoignages de pères et de mères de famille ayant perdu leurs fils ou leurs époux au cours de leurs activités de pêche. Il s’accompagne de photos inédites et retrace le dur quotidien des parents de ces personnes disparues et dont, pour la plupart, les corps restent introuvables.

Dr. Ibrahima Cissé, responsable de la campagne océans de Greenpeace Afrique, souligne : « Pendant des décennies des pêcheurs artisans sénégalais ont pu subvenir aux besoins de leurs familles et des communautés grâce à l’abondance et à la variété des ressources halieutiques qui étaient une réalité dans les eaux sénégalaises. Cependant, à cause des politiques de pêches inadaptées, de la surpêche industrielle et des mauvaises pratiques de pêche, la situation a considérablement changé. Maintenant, ces pêcheurs doivent aller très loin en mer en risquant leur vie pour attraper le poisson qui est devenu hors de portée ».

Et Dr. Cissé de poursuivre : « Aujourd’hui, en plus de l’octroi des gilets de sauvetage aux pêcheurs, le gouvernement du Sénégal doit travailler à répertorier tous les pêcheurs artisans actifs au Sénégal et mettre en place des outils efficaces qui peuvent permettre de détecter les pirogues artisanales où qu’elles se trouvent en mer et de leur venir en aide ».
Quant à M. Mactar Samb, pêcheur à Thiaroye sur mer, il avance : « Nous, à Thiaroye sur mer, nous avons 377 disparus en mer. Tous ces disparus sont liés à l’immigration clandestine. Nous remercions Greenpeace sur cette initiative d’accompagner les pêcheurs pour qu’ils puissent avoir des mesures d’accompagnement sur leur lieu de travail ».
« Le dernier rapport publié par la Direction de la Surveillance et de la Protection des Pêches du Sénégal (DPSP) montre qu’en 2017, 92 accidents dont 140 victimes parmi lesquelles des pêcheurs artisans, ont été enregistrés soit une hausse de 63% par rapport à l’année précédente, avec des dégâts matériels estimés à cent quarante millions quatre-vingt mille cinq cent (140 080 500) francs CFA », souligne-t-on dans le communiqué remis à la presse.

Et le document de préciser que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans son rapport 2018 sur les pêcheries, reconnaît une diminution des captures d’espèces sauvages en mer, avec 79,3 millions de tonnes en 2016 contre 81,2 millions de tonnes en 2015. La même source révèle que, la part des espèces surexploitées est passée de 10% en 1974 à 33% en 2015. Selon le même rapport, il ne reste plus aujourd’hui que 7% des espèces qui ne sont pas menacées de surpêche.

Greenpeace exhorte encore les autorités politiques de la sous-région à renforcer la sécurité des pêcheurs artisans en mettant en place des systèmes de contrôle et de surveillance dans leurs eaux et d’établir une approche régionale intégrée de gestion des ressources halieutiques pour le bien de leurs populations.

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