En Afrique, un regain d’intérêt pour l’éolien

Dans le domaine des énergies renouvelables, en Afrique, on parle plus souvent du solaire. Mais une étude récente a montré que le continent était tout aussi propice à l’exploitation de l’énergie éolienne. De multiples projets récemment inaugurés ou en cours d’achèvement tendent à le prouver.

On connait la situation de l’électrification en Afrique. Un habitant sur deux n’y a pas accès à la précieuse ressource, soit environ 650 millions de personnes. Le nord est équipé à quasiment 100%, mais il en est tout autre pour la partie subsaharienne du continent avec, là encore, d’importantes disparités. Si l’Afrique du Sud ou les Seychelles s’en sortent favorablement, avec un taux d’électrification proche des 100%, des puissances régionales telles que le Sénégal, le Nigeria, ou encore la Côte-d’Ivoire oscillent entre 55 et 65%. Quant au Liberia (9,1%), au Tchad (8%), ou au Burundi (7%), ils ferment péniblement la marche. Si l’Afrique subsaharienne représente 17% de la population mondiale, elle ne produit que 1,8% de l’énergie mondiale. Pour lutter contre ces déserts énergétiques, les énergies renouvelables se sont imposées ces dernières années. Le solaire a particulièrement la cote, notamment pour les systèmes individuels ou off-grid. Plusieurs projets de parcs solaires sont aussi programmés. L’hydraulique et la géothermie sont également exploitées, mais ne concernent qu’une minorité de pays. Enfin, l’éolien n’est pas en reste, avec plusieurs chantiers lancés ces derniers mois aux quatre coins du continent. Prenant l’exemple de l’Afrique de l’Ouest, une étude récente, publiée dans la revue Environmental Research Letters, estime même que le potentiel de l’éolien a été largement sous-estimé. Il semble désormais avoir à nouveau de beaux jours devant lui.

Égypte et Maroc en tête
En Afrique du Nord, ce sont le Maroc et l’Égypte qui se montrent les plus innovants en la matière. Le royaume chérifien, qui vise 42% d’énergies renouvelables pour 2022, a installé l’équivalent de 120 MW rien que pour l’année 2018, après la mise en route du parc éolien de Khalladi, près de Tanger. Cela lui assure la troisième place en termes d’installation de parcs éoliens pour l’Afrique, derrière l’Égypte et le Kenya, avec respectivement 380 MW et 310 MW construits l’année dernière. Le Maroc compte par ailleurs depuis un an une usine de fabrication de pales pour éoliennes. En Égypte, le parc de Ras Ghareb, dans le sud-ouest du pays, est financés par Orascom, Toyota, et Engie. D’une capacité de 260 MW, il devrait être opérationnel d’ici fin 2019, et confirmera le grand retour de l’Égypte dans le domaine de l’éolien. Au Sénégal, la construction du plus grand parc éolien d’Afrique de l’Ouest a été lancée il y a quelques mois à Taiba Ndiaye, dans la région de Thiès. Si le projet porté par le Français Sarreole a mis dix ans à se financer, il devrait bientôt produire 158,7 MW, soit 15% de la production d’électricité sénégalaise, et fournir de l’énergie à deux millions d’habitants.

L’Afrique subsaharienne se réveille
En Afrique de l’Ouest, le Sénégal prendra ainsi le leadership dans le domaine de l’éolien, suivi de la Mauritanie, qui vient de dévoiler un projet de parc éolien d’une puissance de 100 MW à Dakhlet Nouadhibou. Beaucoup plus au sud, l’Afrique du Sud conforte sa place de leader africain dans le domaine de l’éolien. Jeff Radebe, ministre sud-africain de l’Énergie, a validé le lancement de pas moins de douze projets, pour une capacité totale de 1,3 GW. D’ici 2030, la puissance des parcs éoliens d’Afrique du Sud devrait représenter 11,5 GW, soit l’équivalent de douze réacteurs nucléaires. Autre exemple de cet engouement pour l’éolien : la ferme éolienne Ombepo lancée près de la ville de Lüderitz, en Namibie, fin décembre 2018. D’une puissance de 5 MW, elle constitue la première étape d’un projet lancé par InnoSun Energy Holding, une entreprise franco-namibienne spécialisée dans les énergies renouvelables. Au total, ce sont quatre fermes rassemblant 98 éoliennes qui seront installées entre Oranjemund et Lüderitz, avec une puissance espérée de 600 MW.
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