Energy Generation : un incubateur togolais pour électrifier l’Afrique

Rencontre avec Astria Fataki, créatrice de l’ONG Energy Generation, basée au Togo, qui s’est fixé pour objectif d’accélérer l’électrification du continent.

Née en République démocratique du Congo, Astria Fataki a connu très jeune les routes de l’exil. Elle grandit en France, avant de bourlinguer à travers le monde dans le cadre de missions humanitaires. Ces projets l’ont menée au Guatemala, en Inde, et plus tard en Afrique.

En 2016, cette jeune femme de 28 ans s’est fixée un nouvel objectif : repérer et accompagner des porteurs de projets africains dans le domaine de l’électricité. Depuis Lomé, au Togo, où elle a fondé l’ONG Energy Generation, Astria Fataki nous explique comment elle espère, par ce biais, accélérer l’électrification de l’Afrique.

Comment est née Energy Generation ?
Astria Fataki : D’un déclic pour l’énergie comme vecteur de développement. En Inde, j’ai découvert « Lighting a billion lives » -littéralement « Éclairer un milliard de vies »-, une action qui amène l’électricité dans les zones rurales grâce à l’énergie solaire. Cela a été un choc !
J’ai créé « Lighting a billion lives France », et j’ai commencé à m’intéresser à l’Afrique, où je pensais qu’une telle action pouvait avoir encore plus d’impact. En 2012, je suis pour la première fois retournée sur le continent africain, au Niger, pour tenter d’y adapter le programme « Lighting a billion lives ».
Nous nous sommes très vite heurtés à des problèmes car notre modèle et notre matériel étaient importés. Il a fallu s’adapter au contexte douanier propre à chaque pays, qui peut être très particulier en Afrique… Tout cela entraînait également des problèmes de maintenance et rendait l’opération très compliquée.
Mais vous ne baissez pas les bras…
A.F. : Une question se posait : « Comment peut-on participer à la solution de l’accès à l’énergie en Afrique avec les ressources disponibles en Afrique ? ». J’ai cherché longtemps ! Mais au fur et à mesure, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de jeunes innovateurs africains. Le problème est qu’ils ne bénéficiaient d’aucun accompagnement financier et technique. Avec Energy Generation, nous mettons en valeur ces porteurs de projets et leurs idées.

Comment fonctionne Energy Generation ?
A.F. : Notre public cible est principalement composé de jeunes, qui n’ont généralement pas d’opportunités de partir à l’étranger pour étudier. Nous voulons que notre démarche d’innovation et d’entrepreneuriat reste accessible à tous, indépendamment du cursus universitaire. Nous recherchons des profils atypiques, pas des gens formatés.
La première édition du Africa Energy Generation Prize -prix à travers lequel nous sélectionnons nos porteurs de projets- a eu lieu en juin 2016. En octobre suivant, les lauréats ont commencé une année de pré-incubation chez nous, durant laquelle ils développent un prototype, financé par une bourse de 1 000 euros.
Les trois meilleurs projets ont été récompensés. Le premier prix a été remporté par Abel Kidane, un Éthiopien qui a imaginé un chargeur de portable à manivelle, qui fonctionne selon le principe de la dynamo, avec un design et une conception locale qui lui permettent d’être très compétitif.
La deuxième place est occupée par Prince Essel, un Ghanéen qui a développé un pyrolyseur permettant de transformer des déchets plastiques en un carburant proche du diesel.
Enfin, le troisième prix est revenu à un Togolais, Lallad Nadjagou, qui a développé un électrolyseur qui permet de produire de l’hydrogène. Ces trois projets sont désormais en incubation chez nous. Après deux ans, ils passeront, nous l’espérons, en phase industrielle. Pendant ce temps, nous nous préparons à accueillir notre troisième promotion !
(Source : https://afrique.latribune.fr)

Articles similaires

Leave a Reply

Entrez Captcha ici : *

Reload Image

Scroll Up