Pêche : La FAO au cœur du dispositif de lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée en Afrique centrale

(Agence Ecofin) – A la faveur de la célébration de la première journée internationale de la lutte contre la pêche illégale, non déclarée, non réglementée (INN), ce 05 juin 2018, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a décliné les principales actions mises en œuvre, pour combattre ce fléau dans la sous-région d’Afrique centrale.
Dans ce cadre, l’organisation onusienne indique avoir développé plusieurs instruments juridiques internationaux, tels que : le Code de conduite pour une pêche responsable (1995) ; le Plan d’action international visant à prévenir, à contrecarrer et à limiter la pêche illicite, non déclarée, non réglementée (2001) ; l’Accord FAO de 2009, relatif aux mesures du ressort de l’Etat du port (AMREP), visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN et enfin, les Directives volontaires pour la conduite de l’Etat du pavillon (2014).
Les ressources financières pour soutenir les Etats côtiers et les Petits Etats insulaires en développement, ainsi que des organismes régionaux de pêche qui démontrent un engagement politique fort pour lutter contre le fléau sont en cours de mobilisation dans le cadre des fonds de renforcement des capacités acheminés à travers la FAO.
Dans la région d’Afrique centrale, la FAO, en relation avec la Commission régionale des pêches du Golfe de Guinée (COREP), poursuit le plaidoyer pour encourager les Etats membres de cette organisation régionale (Angola, Cameroun, Congo, Gabon, RDC, São Tomé-et-Principe) non encore parties à l’Accord AMREP à y adhérer.
Cas du Gabon
En 2015 et 2016, le Gabon avec son statut de premier pays de la sous-région à adhérer par acceptation, le 15 novembre 2013 à l’Accord AMREP, reçoit un fort appui de la FAO dans cette démarche. L’institution accentue le renforcement des capacités institutionnelles de l’Agence nationale des pêches et de l’aquaculture (ANPA) pour lutter contre la pêche INN.
Ce dispositif s’est traduit par l’établissement d’un diagnostic approfondi du système de suivi, contrôle et surveillance des pêches, le développement d’un plan d’action et d’investissements pluriannuels, ainsi que d’un plan de développement pluriannuel du centre de surveillance des pêches.
Une Stratégie nationale assortie d’un plan d’action qui identifie les besoins prioritaires pour le renforcement des cadres politiques, réglementaires et opérationnels, a également été élaborée en 2016. Elle vise la mise en conformité de l’accord sur les mesures sur les ressorts de l’Etat du port et d’autres instruments internationaux auxquels le Gabon a adhéré.
Pour rappel, l’INN est devenue un fléau aux enjeux planétaires. Avec l’augmentation toujours croissante de la demande en produits de la mer, et la stagnation de l’offre de produits de captures au plan mondial depuis plus d’une vingtaine d’années, les ressources halieutiques font l’objet d’une convoitise de plus en plus grande.
Des estimations indiquent que la valeur annuelle globale de la pêche illicite et non déclarée non réglementée varie entre 10 et 23,5 milliards de dollars, par an. Cela représente, entre un sixième et un tiers des captures mondiales déclarées, soit entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons par an.
Les pertes dues à cette pêche frauduleuse dans les eaux de l’Afrique subsaharienne sont estimées elles, entre 1 et 1,5 milliard de dollars par an, soit près d’un quart du total des exportations annuelles de poissons de l’Afrique.

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