Quels avantages pour l’irrigation à énergie solaire ?

Alors que seuls 3% des terres cultivées en Afrique subsaharienne sont irriguées, la baisse importante du coût de la technologie photovoltaïque pourrait inverser la tendance. Les systèmes d’irrigation à énergie solaire sont désormais disponibles à des prix abordables, y compris pour de petits exploitants agricoles. Si ces installations pourraient révolutionner l’agriculture dans de nombreuses régions du globe, elles doivent en parallèle être parfaitement gérées afin d’éviter une surexploitation des réserves d’eau.

Sans eau, les rendements agricoles sont moins élevés. Ce constat implacable, les agriculteurs d’Afrique subsaharienne en font chaque année la cruelle expérience. Dans cette région du globe, seuls 3% des terres cultivées sont irriguées, là où la moyenne mondiale se situe plus près des 10%. Les fluctuations du marché mondial pourraient pourtant bientôt changer la donne.
Les systèmes d’irrigation à énergie solaire constituent désormais une technologie maîtrisée, qu’il est possible de déployer rapidement. Or, ces dernières années, la forte baisse du coût des panneaux photovoltaïques rend ce type d’installation de plus en plus abordable, y compris pour de petites exploitions de pays en développement. Leur utilisation en grand nombre constituerait une véritable révolution dans de nombreuses régions du globe qui, comme l’Afrique subsaharienne ou l’Amérique latine, ont très peu recours à l’irrigation.
Une position défendue en plus haut lieu par Maria Helena Semedo, directrice générale adjointe de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : « La rapide expansion des systèmes d’irrigation à énergie solaire offre des solutions viables qui prennent en compte le lien entre eau, énergie et alimentation, donnant ainsi aux petits exploitants agricoles l’opportunité d’améliorer leurs moyens d’existence, leur prospérité économique et leur sécurité alimentaire ».
Surveillance des réserves d’eau
Dans un rapport présenté à l’occasion du International forum on solar technologies for small-scale africulture and water management -qui s’est tenu au siège de la FAO à Rome les 12 et 13 avril 2018-, l’organisation a évalué les avantages, mais aussi les inconvénients liés aux systèmes d’irrigation à énergie solaire. Car s’ils permettront d’améliorer les rendements agricoles sans avoir recours à d’autres machines fonctionnant à l’électricité ou au pétrole (réduisant ainsi de 95% la production de gaz à effet de serre), la question se pose de leur impact sur les réserves d’eau. « Nous devons penser de manière stratégique à la façon dont cette technologie pourrait être utilisée afin d’encourager une utilisation plus durable des ressources en eau souterraine », a ainsi estimé Eduardo Mansur, directeur de la Division des terres et des eaux à la FAO.
Dans les pays où les réserves d’eau sont insuffisantes, il s’agira de contrôler le taux d’extraction du précieux liquide, ou encore d’écarter les cultures nécessitant trop d’apport en eau. Ceci afin d’éviter la situation que traverse actuellement l’Inde, dont 30% des réservoirs naturels d’eau souterraine ont atteint un seuil critique sur à l’intensification de l’irrigation. Outre une volonté politique et l’implication des agriculteurs, il existe des appareils de contrôle électronique des systèmes d’irrigation. Contrôlant le niveau des réserves naturelles et le débit de pompage, ils pourront contribuer à maintenir l’équilibre et limiter les abus.
(Source : https://afrique.latribune.fr/)

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