La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, dans son « Rapport sur la Politique Monétaire dans l’UMOA – Juin 2025 », estime que le taux d’inflation dans l’Union est ressorti à 2,3% au premier trimestre 2025.
« Le taux d’inflation dans l’Union est ressorti à 2,3%, en glissement annuel, au premier trimestre 2025, après 2,9% le trimestre précédent. Cette décélération du niveau général des prix est essentiellement imputable aux baisses du rythme de progression des composantes Restaurants et Hôtels (-1,0% contre +4,5% précédemment) et Logement (+0,1% contre +2,8%) », note la BCEAO.
D’après le document, le taux de change effectif réel (TCER) s’est replié de 1,3% au premier trimestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente, après une hausse de 4,6% au quatrième trimestre 2024.Et cette évolution, qui traduit un gain de compétitivité-prix pour l’Union, résulte d’un différentiel d’inflation favorable de 3,8 pdp, atténué par l’appréciation du taux de change effectif nominal de 2,5%.
Le document précise que l’analyse du mésalignement du TCER, basée sur la méthode Eba-Lite développée par le FMI, montre que l’évolution du TCER est globalement compatible avec les fondamentaux de l’économie.
Évolution récente de l’inflation
L’analyse de l’inflation s’appuie sur le nouvel Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) entré en vigueur depuis janvier 2025.
Sur la base de ce nouvel indice, la progression du niveau général des prix dans l’UEMOA, comparativement à la même période de l’année précédente, est ressortie à 2,3% au premier trimestre 2025, après une réalisation de 2,9% un trimestre plus tôt. La baisse de l’inflation est portée par l’évolution des prix au niveau des divisions Restaurants et Hôtels et Logement de l’indice.
Baisse de 1,0% des prix dans la division Restaurants et Hôtels
« Les prix dans la division Restaurants et Hôtels ont baissé de 1,0% au cours du trimestre sous revue, après une augmentation de 4,5% un trimestre plus tôt, contribuant négativement à l’inflation (-0,1 pdp). En particulier, il est observé une stabilité des coûts des services de restauration au Bénin (+0,0% contre +3,0%), une décélération au Sénégal (+1,9% contre +2,2%) et une baisse au Niger (-16,0% contre +43,1%) et en Côte d’Ivoire (-1,4% contre +1,2%), en lien avec une concurrence accrue dans le secteur de la restauration », renseigne la source.
Et le document de rajouter : « De même, les tarifs dans la division Logement ont enregistré un net ralentissement au premier trimestre 2025, avec une hausse limitée à +0,1% contre +2,8% le trimestre précédent. Cette décélération s’explique par des baisses de prix des services d’entretien du logement observées au Burkina (-9,8% contre -0,9%), en Guinée-Bissau (-9,7% contre +14,5%) et au Bénin (-3,7% contre +1,3%) ainsi que par un ralentissement de la progression de ces tarifs en Côte d’Ivoire (+0,1% contre +6,6%) ».
Hausse de 5,2% des prix des denrées alimentaires
« Ces évolutions favorables ont été partiellement compensées par une hausse des prix des denrées alimentaires de 5,2% au cours du trimestre sous revue, contre une augmentation de 3,8% le trimestre précédent. Ce renchérissement est lié notamment à la hausse des prix des huiles (+5,7% contre -0,8%), des tubercules (+6,7% contre +1,4%) et des légumes (+6,7% contre -8,3%), atténuée par une nette décélération des prix des céréales (+2,1% au premier trimestre 2025 contre +9,5% au quatrième trimestre 2024), en raison de l’amélioration de l’offre sur les marchés des Etats membres de l’Union », note la BCEAO.
Toujours d’après la source, la diffusion de la hausse des prix dans les économies de l’UEMOA s’est réduite davantage sur la période. Et la proportion des produits ayant connu des progressions significatives (supérieures à 3,0%) s’est réduite de 14,6 pdp pour ressortir à 12,4% en mars 2025 contre 27,0% en décembre 2024.
« L’analyse selon la nature révèle un ralentissement du rythme de progression des prix des biens, qui est ressorti à +2,9% au premier trimestre 2025, contre une hausse de +3,2% un trimestre plus tôt. Quant aux tarifs des services, ils se sont accrus de 1,1%, après une augmentation de 2,4% le trimestre précédent, du fait du ralentissement des coûts des services d’entretien du logement, de l’hébergement et de la restauration », souligne la source.
« Le taux d’inflation sous-jacente, qui mesure l’évolution du niveau général des prix hors produits frais et énergie, est ressorti à 1,3% au cours du trimestre sous revue, après 2,0% au quatrième trimestre 2024. Ce recul est en rapport avec la décélération des prix de certaines denrées alimentaires qui entrent dans le champ de l’indice sous-jacent, notamment la farine, le lait et le sucre. Quant aux prix des produits non alimentaires inclus dans l’inflation sous-jacente, leur détente concerne notamment les tarifs des services de restauration et de ceux liés au logement », note la source.
Ralentissement des prix des produits frais et énergétiques
« De même, les progressions des prix des produits frais et énergétiques ont ralenti au premier trimestre 2025, avec des évolutions respectives de 4,7% et 1,1% après une augmentation de 5,5% et 2,1%, le trimestre précédent, en lien avec le ralentissement des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers qui entrent dans le champ de cet indice », souligne ma source.
Et le document de poursuivre : « S’agissant du taux d’inflation des produits frais, son reflux (-1,0 pdp) résulte notamment de la décélération des prix des céréales (+2,1% contre +9,5%) et de la baisse prononcée des prix des légumes frais (-7,9% contre -4,5%). Quant aux produits énergétiques, le ralentissement (-1,0 pdp) s’explique par la stabilité des prix des carburants dans la majorité des pays de l’Union à l’exception du Bénin. En effet, les Autorités béninoises ont procédé à l’actualisation du mécanisme de tarification des prix à la pompe à compter du 1er janvier 2025. Il en est résulté une augmentation de +2,2% du prix du litre d’essence et de +2,9% de celui du gasoil ».
Toujours d’après la source, l’analyse par pays laisse apparaître une décélération des prix au Burkina (+2,0% contre +4,9% précédemment), en Côte d’Ivoire (+1,0% contre +2,4%), au Niger (+4,1% contre +4,6%) et au Bénin (+0,5% contre +0,8%). Et en revanche, des accélérations des prix sont relevées au Mali (+8,5% contre +5,5%), en Guinée-Bissau (+6,1% contre +5,3%), au Sénégal (+0,7% contre 0,0%) et au Togo (+2,0% contre +1,4%).
Hausse plus modérée des prix des denrées alimentaires au Burkina
« Au Burkina, le repli de l’inflation (-2,9 pdp) s’explique principalement par une hausse plus modérée des prix des denrées alimentaires (+6,7% après +8,8%), consécutive à la baisse du coût des légumes (-4,7% après +0,2%) et la progression moins soutenue des prix du poisson frais (+1,5% après +3,5%). Le niveau de l’inflation reflète également le repli marqué du sous-indice “logement” (-9,8% contre -0,9%) imprimé par la baisse des prix du charbon de bois (-6,7% contre +6,3%) », note la source.
Evolution à la baisse de l’inflation en Côte d’Ivoire
« L’évolution à la baisse de l’inflation en Côte d’Ivoire (-1,4 pdp), au premier trimestre 2025, est portée par la décélération des prix dans les divisions logement (+0,1% après +6,6%) et restaurants et hôtels (-1,4% après +1,2%). La modération de l’inflation dans la composante logement s’explique par la contraction des tarifs des services d’entretien et de réparation du logement (-4,9% contre +3,8%), et le ralentissement de ceux du charbon de bois (+8,7% contre +22,9%). La détente des prix dans la composante restaurants et hôtels résulte de la baisse des tarifs des services de restauration (-4,6% contre +1,0%) et du ralentissement des coûts des services d’hébergement (+0,2% contre +3,8%) », explique-t-on ans le document.
Accélération des coûts des produits alimentaires au Niger
« Au Niger, la décélération (-0,5 pdp) est tirée par le recul des prix pour les composantes communication” (-7,1% après +4,8%) et restaurants et hôtels (-16,0% après +43,1%). Cette tendance a été partiellement compensée par une accélération des coûts des produits alimentaires (+12,0% après +4,9%). La diminution de l’inflation dans la composante communication s’explique par la baisse des tarifs des services mobiles (-7,2% après +2,2%). Concernant les restaurants et hôtels, le repli des tarifs des services de restauration et de boisson (-16,1% après +44,3%) a contribué à cette dynamique », note la source.
Ralentissement de l’inflation au Bénin
D’après la BCEAO, le ralentissement de l’inflation au Bénin (-0,3 pdp) s’explique également par la réduction du rythme de progression des prix dans les composantes “logement” (-3,7% après +1,3%) et “communication” (-3,5% après -1,1%).
Accélération de l’inflation au Mali
« L’accélération de l’inflation au Mali (+3,0 pdp) est imputable à un renchérissement des produits alimentaires, dont les tarifs se sont accrus de 9,1% après une hausse de 6,6% le trimestre précédent, ainsi que de la composante communication, avec une progression des tarifs de 10,0% contre une contraction de 0,5% un trimestre plus tôt. De même, la hausse des prix s’est renforcée dans la division ameublement, atteignant +7,4% après +1,7%. La dynamique des prix des denrées alimentaires est due au renchérissement des huiles (+23,9% contre +6,6%), des tubercules (+12,8% contre -1,4%) ainsi que des céréales (+11,3% après +15,1%) », renseigne la source.
Hausse des prix des produits alimentaires en Guinée-Bissau
« Le regain de tension sur les prix en Guinée-Bissau (+0,8 pdp) est consécutif à la hausse des prix dans la division « produits alimentaires », dont la variation a atteint +16,2% au premier trimestre 2025 après +7,4% auparavant. La dynamique des prix des produits alimentaires résulte du renchérissement des céréales (+23,1% après +19,7%), des huiles végétales (+2,1% contre -1,4%) et des tubercules (+0,6% contre -9,6%). L’évolution de l’inflation dans ce pays s’explique également par l’augmentation des tarifs dans la composante “transport” (+1,7% contre +0,3%), en raison notamment de la hausse des coûts des services de transport routier (+1,2% contre +0,0%) », explique la BCEAO.
Relèvement des prix au Sénégal
D’après la BCEAO, le relèvement des prix au Sénégal (+0,7 pdp) est dû au renchérissement des denrées alimentaires (+0,9% contre -0,6%) porté notamment par ceux des poisson frais (+16,5% contre +1,8%), ainsi que des baisses moins prononcées des prix du lait (-2,2% contre -3,1%) et des légumes (-7,9% contre -12,7%).
Hausse des prix au Togo
« La hausse des prix au Togo (+0,6 pdp) est tirée par l’augmentation des coûts des produits alimentaires (+7,8% contre +3,1%), atténuée par la baisse des tarifs du transport (-1,6% contre +0,1%). L’évolution de l’inflation alimentaire est liée au regain de tensions sur les prix des huiles alimentaires (+26,0% contre -1,2%) et des tubercules (+17,0% contre +13,1%). Le repli de l’inflation au niveau de la composante transport résulte des baisses prononcées des tarifs des services de transport routier (-21,4% contre +2,1%) et du carburant (-11,8% après -1,5%) à la suite de la décision des Autorités de ce pays de diminuer les prix à la pompe de l’essence (-3,0%) et du Gasoil (-10,3%) à compter du 10 décembre 2024 », note la source.




























