La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dans son document : « NOTE DE CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DANS LES PAYS DE L’UEMOA – JUIN 2025 », note qu’en mai 2025 une hausse de 4,7% de l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’UEMOA.

« En mai 2025, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’UEMOA a enregistré une hausse de 4,7%, en lien avec le renforcement des prix des produits non énergétiques, notamment le cacao, les fertilisants, les minéraux et autres métaux », note la BCEAO.

D’après le document susmentionné, l’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA s’est accru, en glissement mensuel, de 4,7% en mai 2025, après une progression de 1,6% le mois précédent. Et cette évolution résulte de l’augmentation des prix des produits non énergétiques, en particulier certains produits agricoles, dont le cacao (+10,1%), des métaux tels que l’uranium (+8,8%) et le zinc (2,2%), de certains fertilisants comme les phosphates (+5,4%), ainsi que des métaux précieux (or : +3,0%).

Toujours d’après la BCEAO, l’accroissement de l’indice a été atténué par l’affaiblissement des cours de produits énergétiques (pétrole : -4,8% et gaz naturel : -2,9%), des huiles de palme (-14,2%) et de palmiste (-7,0%), du café (-5,5%), du caoutchouc (-4,8%) et du coton (-0,6%).

« Le renchérissement du cacao est attribuable à des préoccupations concernant la qualité de la récolte intermédiaire en cours en Côte d’Ivoire, affectée par l’arrivée tardive des pluies, ce qui a perturbé la croissance des cacaoyers. Les cours de l’uranium ont augmenté après la signature d’un décret présidentiel américain allégeant la réglementation sur l’énergie nucléaire, en facilitant notamment l’octroi de licences pour les projets y afférents, ce qui devrait stimuler la demande du métal », note la source.

Selon la source, l’optimisme suscité par le bon déroulement des négociations sino-américaines a amélioré la confiance des marchés et renforcé la demande pour les métaux industriels comme le zinc. En outre, la baisse des stocks de zinc sur le London Metal Exchange (LME) a accentué la pression haussière sur les prix.

Augmentation de la demande d’engrais

« Les cours des phosphates ont été soutenus par l’augmentation de la demande d’engrais, en raison notamment de la préparation des cultures de printemps et des contraintes d’offre persistantes sur le marché mondial. La montée des cours de l’or est portée par les tensions commerciales et géopolitiques, en particulier l’escalade du conflit russo-ukrainien, ce qui renforce ainsi son attrait comme valeur refuge », note la source.

Toujours d’après le document, la baisse des cours du pétrole est liée aux perspectives d’augmentation de l’offre mondiale par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+), ainsi qu’au repli de la demande mondiale en raison du ralentissement économique en Chine. Et le fléchissement des prix du gaz naturel s’explique par des conditions météorologiques clémentes, qui ont limité la demande de chauffage et de climatisation.

« La contraction des cours des huiles de palme et de palmiste est due à une progression notable de la production, qui a atteint un sommet en cinq mois, et à une accumulation des stocks. Cette tendance est renforcée par la diminution des importations indiennes, lesquelles demeurent inférieures aux quantités habituelles depuis décembre 2024 », note la source.

Baisse des cours du café

« La baisse des cours du café est imputable à l’amélioration de l’offre, en lien avec le début des récoltes au Brésil et en Indonésie, ainsi qu’à la remontée des stocks surveillés par l’Intercontinental Exchange (ICE). Les prix du caoutchouc ont fléchi en raison des craintes d’un ralentissement de la demande, lié à la guerre commerciale sur le marché de l’automobile, menaçant la production de pneus. Le repli des cours du coton s’explique par des anticipations d’augmentation de la production mondiale, portées notamment par la révision à la hausse des prévisions de récoltes en Inde pour la saison 2024-2025 », souligne la source.

Hausse des cours de noix de cajou, de l’or….

« Par rapport à mai 2024, l’indice des prix des principaux produits exportés par les pays de l’UEMOA a progressé de 15,6%, après une contraction de 1,4% le mois précédent. La hausse des cours concerne la noix de cajou (+35,5%), l’or (+40,2%), le café (+34,0%), le bois (+29,5%), les huiles végétales (+28,4%), les phosphates (+28,2%), le gaz naturel (+19,2%), et le cacao (+14,6%). En revanche, les prix de certains produits énergétiques comme le pétrole (-23,1%), les métaux et minéraux (uranium : -22,5% et zinc : -3,5%), ainsi que certains produits agricoles (coton : -14,2% et caoutchouc : -13,5%) ont enregistré une baisse », précise la source.

Léger repli des prix des produits alimentaires importés dans l’UEMOA

« L’indice des prix des principaux produits alimentaires importés dans l’UEMOA s’est légèrement replié de 0,7% en mai 2025, en variation mensuelle, après une hausse de 0,1% un mois auparavant. La diminution des cours concerne principalement le riz (-2,9%), le sucre (-1,9%) et le blé (-1,6%). Les prix du lait (+6,7%) et de l’huile de soja (+3,1%) se sont, pour leur part, renforcés sur la même période », explique la source.

Le document note que l’affaiblissement des cours du riz est attribuable aux perspectives d’une offre mondiale record en 2025/2026, en raison d’une production attendue en hausse en Inde, au Bangladesh et en Chine, dans un contexte de stabilité des stocks mondiaux.

Recul des prix du sucre

« Le recul des prix du sucre s’explique par les perspectives d’un excédent mondial pour la campagne 2025-2026, alimentées par un accroissement de la production au Brésil, porté par des conditions climatiques favorables et une amélioration de l’humidité des sols.

 La contraction des cours du blé est due à une offre mondiale abondante, résultant de bonnes récoltes dans l’hémisphère Nord et en Asie, ainsi qu’à une demande faible, notamment de la part de la Chine », souligne-t-on dans le document.

« En revanche, les prix de l’huile de soja sont soutenus par l’anticipation de la baisse de la production de soja aux États-Unis, au Canada et en Argentine, conjuguée à une diminution des stocks américains. Les prix du lait ont également progressé, en raison d’une demande robuste sur les marchés à l’international et d’une contraction de l’offre liée à la réduction des cheptels laitiers », mentionne la source.

Toujours d’après la BCEAO, par rapport à la même période de l’année 2024, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA s’est replié de 19,6%, après une baisse de 15,0% le mois précédent. Et cette dynamique a été imprimée par la diminution des cours du riz (-30,5%), du blé (-20,1%) et du sucre (-2,0%). En revanche, les prix de l’huile de soja (+10,5%) se sont renforcés.

« Exprimés en franc CFA, l’indice des prix des produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA a fléchi de 24,6%, en variation annuelle, en raison d’un affaiblissement des prix du riz (-33,5%), du blé (-23,4%), du sucre (-11,1%) et du lait (-4,2%). La montée des cours des huiles végétales (+23,9%) a amoindri la tendance », souligne la BCEAO.