En marge de l’atelier sur l’édition du Génome, tenu ce lundi 17 novembre 2025, M. Aliou Ndiaye, directeur exécutif de l’autorité nationale de Biosécurité, plaide pour la mise ne place des banques de gènes.

« L’objet de cette rencontre, vous savez comme je l’ai dit dans mon discours de bienvenue, l’homme a toujours cherché à améliorer les espèces visitables cultivées mais aussi animales. Et si vous voyez, on utilisait les biotechnologies classiques, les croisements et autres techniques pour améliorer en quantité et en qualité nos produits mais il s’est trouvé que ces biotechnologies classiques, c’est vrai, elles sont bonnes et on doit toujours continuer à les utiliser mais parfois pour certaines espèces, ça peut être très lent pour mettre en place une variété. C’est, d’où la mise ne place de ces biotechnologies modernes pour aller beaucoup plus vite dans la sélection mais aussi dans la production de nouvelles variétés qui répondent à nos exigences », a souligné M. Ndiaye.

Il poursuit : « C’est pourquoi, vous avez les organismes génétiquement modifiés, un produit des biotechnologies modernes mais vous avez également d’autres produits qui proviennent des biotechnologies modernes et qui ne sont pas classées dans  le lot des organismes génétiquement modifiés parce que pour les organes génétiquement modifiés mais parfois, vous avez beaucoup de réticences au niveau du public, au niveau de certains acteurs mais cette nouvelle technologie qu’on appelle l’édition génomique, est une technique des biotechnologies modernes qui permet d’améliorer nos variétés mais en amenant pas  un gène étranger à l’intérieur de cette variété. On agit juste sur le génome pour dire que c’est une réécriture du génome existant pour faire apparaître certains caractères qui peuvent être intéressants pour nous ».

Toujours poursuivant sa réflexion, il souligne : « Il n’y a pas de technologie qui n’a pas des côtés plus ou moins négatifs. Ce qui est important ici, c’est de pouvoir bien encadrer ces technologies nouvelles pour en tirer le maximum de bénéfice et même s’il doit avoir des impacts négatifs, limiter ces impacts négatifs mais de toute façon, une technologie ne peut pas avoir que des avantages, même dans le domaine de la médecine, les médicaments que nous prenons tous les jours, ont des côtés négatifs ou par effets indésirables mais on cherche toujours à limiter ces effets indésirables et plus ou moins négatifs pour en tirer le maximum de bénéfices te atteindre donc nos objectifs. Les biotechnologies modernes, très souvent les gens ont l’habitude d’aller importer ou copier ce que font les autres. Ça, selon moi, c’est quelque chose qu’on doit dépasser maintenant, c’est-à-dire qu’on doit utiliser les biotechnologies modernes pour répondre à nos exigences locales. On doit nous, en tant que chercheurs, en tant que scientifiques, voir comment on pourrait utiliser ces biotechnologies modernes par exemple l’édition génomique pour pouvoir développer des variétés qui peuvent se développer sur des sols secs, sur des sols salés ou, qui résistent à certaines maladies ».

Il estime que le problème des semences est réel au Sénégal. Et pas à sa connaissance, il ne trouve pas de banque de gènes qui répond aux normes actuelles au niveau international, qui fonctionne normalement au Sénégal, d’où la nécessité de faire le plaidoyer auprès des autorités pour qu’on puisse vraiment augmenter les ressources pour mettre en place des banques de gènes parce que c’est une question de souveraineté.

Il rajoute : « On doit nous, africains, comme l’expertise est là, essayer de mener une politique efficiente pour pouvoir mettre en place des banques de gènes et garder nos variétés locales, c’est une question de souveraineté. Il faut bien conserver ces variétés. On peut produire suffisamment ce que l’on consomme ».

Selon lui, les participants à l’atelier viennent divers horizons, les instituts de recherche comme l’Isra, les universités et pour les partenaires, l’université de Californie, l’Ambassade des Etats-Unis. Et au cours  du déroulement de de l’atelier, les participants ont suivi  l’introduction à l’édition du Génome et des présentations à l’amélioration du petit mil, amélioration du niébé au Sénégal et l’amélioration du sésame.

Rappelons que cette rencontre a été possible grâce à la collaboration entre l’ANB, AUDA-NEPAD, l’USDA et d’autres partenaires ainsi que l’UC-Davis.