La direction de la prévision et des études économiques (Dpee), dans le document : « Situation économique et financière en 2025 et perspectives 2026 », note que la croissance de l’agriculture et des activités annexes est projetée à 7,3 % en 2026, après 8,2 % en 2025.

D’après la Dpee, en 2026, l’activité économique nationale devrait bénéficier de facteurs internes et externes favorables. Et l’organisation des jeux olympiques de la jeunesse (JOJ 2026) constituera un levier majeur, stimulant la demande dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du transport ainsi que de l’agroalimentaire.

Toujours d’après la Dpee, l’exécution du plan de redressement devrait donner davantage de marges de manœuvre budgétaire à l’État % et créer un espace pour le développement du secteur privé. Et globalement, la croissance du PIB réel est projetée à 5,0 % en 2026 contre une prévision de 7,8 % en 2025. Cette croissance serait portée par le primaire (+6,1 %), le tertiaire (+5,4 %) et, dans une moindre mesure, par le secondaire (+2,9 %).

La Dpee souligne que la croissance hors agriculture et hydrocarbures est attendue à 5,5 % en 2026 contre 3,7 % en 2025. Et l’activité économique du secteur primaire devrait progresser de 6,1 % en 2026 contre 6,6 % en 2025, portée principalement par les sous-secteurs de l’agriculture et de l’élevage ainsi que, dans une moindre mesure, par la pêche et la sylviculture. Avec un poids dans le PIB projeté à 17,9 %, le primaire devrait contribuer à hauteur de 0,8 point de pourcentage à la croissance du PIB réel en 2026.

« La croissance de l’agriculture et des activités annexes est projetée à 7,3 % en 2026, après 8,2 % en 2025, traduisant une dynamique encore solide malgré un léger ralentissement, sous l’hypothèse de conditions climatiques favorables. Cette performance serait portée par la mise en œuvre des programmes agricoles, qui visent à accroître la productivité, diversifier les cultures et améliorer la gouvernance du secteur. La maîtrise de l’eau grâce aux aménagements hydroagricoles ainsi que le renforcement du ciblage dans le cadre de la distribution des intrants devraient améliorer les rendements et booster la production », note la source.

Selon la Dpee, le sous-secteur de l’élevage devrait progresser de 4,2 % en 2026 contre 4,5 % un an plus tôt, sous l’hypothèse d’une bonne maîtrise de la situation zoosanitaire et de la poursuite du développement des cultures fourragères. La bonne pluviométrie au titre de l’année 2025 devrait également contribuer à la disponibilité d’aliments pour animaux en 2026.

« Le secteur de la pêche devrait se redresser en 2026 avec une croissance projetée à 1,5 %, après un repli de 1,0 % attendu en 2025. Cette reprise devrait s’appuyer sur la reconstitution progressive de la ressource consécutive à la rationalisation des licences de pêche et au renforcement de la lutte contre la pêche illicite et non déclarée. Le sous-secteur de l’aquaculture devrait poursuivre son dynamisme à la faveur de l’installation d’usines pour aliments qui stimulent l’investissement privé dans le domaine », renseigne la source.

Ralentissement de 2,9 % du secteur secondaire

« Le secteur secondaire devrait ralentir avec une croissance de 2,9 % en 2026, après une forte expansion de 18,3 % en 2025, en raison du repli attendu de la production du pétrole qui avait fortement soutenu l’activité un an auparavant. Malgré ce tassement, le sous-secteur devrait profiter des retombées positives des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) qui devraient susciter une demande de produits agroalimentaires. Ainsi, la contribution du secondaire à la croissance du PIB réel serait de 0,8 point en 2026 contre 4,6 points en 2025 », note la source.

Repli de 1,3 % des activités extractives

« Les activités extractives devraient connaître un repli global de 1,3 % en 2026, en raison principalement de la baisse de la production de pétrole, qui passerait de 30,5 millions de barils en 2025 à 24,1 millions en 2026, légèrement atténuée par une forte hausse de 86,6 % de la production de gaz. En revanche, les activités minières hors hydrocarbures sont projetées en hausse de 9,8 % en 2026, portées par le relèvement de la production d’or dans un contexte où le cours dudit produit augmenterait de 2,5 % et dans une moindre mesure du zircon. La progression de la production d’or serait soutenue par la mise en exploitation de la nouvelle mine d’or de Boto (4,3 tonnes/an). La filière zircon devrait également bénéficier du démarrage de la mine de Niafarang (54 000 tonnes/an) », précise la source.

La Dpee souligne que l’activité de raffinage de produits pétroliers devrait se renforcer en 2026, portée principalement par la baisse attendue des cours internationaux du pétrole (-5,7 % en 2026 ; WEO FMI juillet 2025) et par la production nationale de pétrole et de gaz. Par conséquent, l’activité de raffinage est projetée en hausse de 9,3 % en 2026, après la forte hausse de 27,0 % enregistrée en 2025.

« La fabrication de matériaux de construction devrait progresser de 3,0 % en 2026, après une hausse de 1,1 % en 2025. Cette dynamique serait soutenue par la détente des cours des matières premières (clinker). L’entrée en activité de la nouvelle cimenterie CIMAF, portant à quatre le nombre d’entreprises du secteur devrait renforcer la concurrence », précise la source.

Selon la Dpee, le sous-secteur de la construction devrait enregistrer une croissance de 2,8 % en 2026, après 2,0 % en 2025. Et cette progression serait soutenue par la reprise des activités sur le littoral et la hausse de la demande portée par la construction de logements.

Consolidation de 9,7 % du sous-secteur de l’électricité et du gaz

« Le sous-secteur de l’électricité et du gaz devrait se consolider de 9,7 % en 2026, soutenu par le dynamisme de la tranche « basse tension », en liaison avec l’extension du réseau électrique. La finalisation du second compact MCA-Sénégal « Power to Compact » contribuera à réduire les coûts de production d’électricité et à renforcer la demande industrielle. Par ailleurs, la demande en haute tension sera stimulée par le TER et ses extensions entre Diamniadio et l’AIBD », souligne-t-on dans le document.

Et la Dpee de rajouter : « L’activité de fabrication de produits chimiques de base devrait se renforcer en 2026, avec une croissance projetée de 5,4 %, après un recul de 1,4 % en 2025. Cette reprise serait soutenue par la reprise de la demande internationale, notamment pour l’acide phosphorique destiné à l’Inde, principal client du Sénégal. Par ailleurs, le projet de production de phosphates à Kébémer avec AFRIG permettra l’augmentation de plus de 180 000 tonnes d’acide phosphorique, renforçant ainsi la production d’engrais pour le sous-secteur agricole national ».

Renforcement de 3,7 % de la fabrication de produits agroalimentaires

« La fabrication de produits agroalimentaires se renforcerait de 3,7 % en 2026, après une modeste hausse de 0,9 % en 2025. L’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ 2026) doperait la demande en produits alimentaires. De même, la bonne production agricole attendue en 2025 devrait favoriser une bonne collecte d’arachide pour le secteur des oléagineux. Ainsi, la fabrication de corps gras alimentaires progresserait de 8,1 %, sous l’hypothèse de l’exécution du programme de remise sur pied des différentes unités de production de la SONACOS », note la Dpee.

Et le document de poursuivre : « Le secteur tertiaire se renforcerait de 5,4 % en 2026, après 3,4 % en 2025, porté principalement par le dynamisme : des services d’hébergement et de restauration qui devraient progresser de 10,5 % en 2026, contre 4,3 % en 2025 ; du transport dont l’activité est projetée à 11,3 % en 2026, contre 2,2 % en 2025 ; et des activités commerciales qui devraient progresser de 5,1% en 2026, contre 3,5 % en 2025. Ces sous-secteurs devraient bénéficier des retombées positives de l’organisation des Jeux Olympiques de la jeunesse, qui attireront plus de 3 000 athlètes et leurs staffs d’encadrement durant environ un mois et susciteront l’arrivée de touristes venus assister aux événements sportifs ».

La Dpee note que les services financiers et d’assurance se renforceraient avec une hausse de 8,1 % en 2026, après 8,4 % en 2025, en liaison avec la mise en place du projet « Dakar Hub Services et Hub Financiers », qui renforcera l’intermédiation et l’attractivité économique.

« L’activité de la branche serait également stimulée par le dynamisme de l’économie, la demande accrue en produits d’assurance, notamment dans le secteur pétrolier et gazier, ainsi que par le développement du transport. Dans le même sillage, les services d’information et de communication devraient également bénéficier de cet événement sportif mondial avec une croissance projetée à 4,7 % en 2026, contre 2,8 % en 2025 », précise la source.