Le Programme de Résilience du Système Alimentaire de l’Afrique de l’Ouest (PRSA) ou Food System Résilience Program (FSRP) est un programme régional en vue d’inverser les tendances alarmantes des pays de la sous-région en matière de sécurité alimentaire. Ce programme vise à accroître la préparation à l’insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires dans les pays participants. Une Session d’information et de sensibilisation des Professionnels de l’information sur les enjeux liés à la mise en œuvre du FSRP et des CAC au Sénégal, est tenue ce mercredi 20 mai 2026. Ledit programme prévoit la réalisation de 1000 hectares de fermes agricoles modernes dédiées aux Coopératives Agricoles Communautaires.

D’après les termes de référence, le FSRP, approuvé par les Administrateurs de la Banque mondiale le 18 novembre 2021, est mis en œuvre dans le cadre d’une approche programmatique multi phases. Les phases I et II comprennent le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Togo, le Tchad, le Ghana et la Sierra Leone ainsi que les trois organisations régionales mandatées pour assurer la coordination et renforcer les capacités durables. Et il s’agit de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche Agricole (CORAF) et du Centre Régional AGRHYMET (CRA).

« La phase III du FSRP concerne le Sénégal. Il est prévu sur une durée de 6 ans et pour un financement d’environ 230 millions de dollars US dont 200 USD de la Banque mondiale et 30 USD du FIDA. L’objectif est d’accroître la préparation face à l’insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires. De façon spécifique, il s’agit à travers la mise en œuvre du FSRP, de contribuer à la préparation et à la gestion des crises agricoles et alimentaires, de renforcer la résilience des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et enfin, de faciliter le commerce de biens et d’intrants agricoles à l’intérieur et au-delà des frontières nationales », précise-t-on dans les TDR.

M. Mohamed Lamine Dia, coordonnateur du FSRP, souligne : «Notre région traverse aujourd’hui une période particulièrement marquée par de nombreux défis. Les changements climatiques, les tensions sur les marchés internationaux, les crises économiques ainsi que la pression démographique, exercent une forte pression sur les systèmes de production agricole et alimentaire de nos pays. Dans un contexte où les besoins alimentaires augmentent de manière constante, il devient indispensable de renforcer nos capacités de production, de sécuriser les revenus des producteurs et de bâtir des systèmes alimentaires plus résilients. C’est justement pour répondre à ces enjeux que le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest a été lancé ».

Selon M. Dia, Le FSRP, une initiative régionale portée par la CEDEAO, le CORAF et le Centre régional AGRHYMET, avec l’appui de la Banque mondiale et du FIDA, vise à apporter des réponses concrètes et durables aux défis de la sécurité alimentaire dans notre espace communautaire.

Financement de 130 milliards FCFA sur une période de six ans

« Au Sénégal, le FSRP est placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, et bénéficie d’un financement d’environ 130 milliards FCFA sur une période de six ans. Mais au-delà des chiffres, le FSRP traduit surtout une volonté d’accompagner la transformation durable du secteur agro-sylvo-pastoral sénégalais à travers des investissements structurants au profit des producteurs, des éleveurs, des jeunes, des femmes. Ainsi, le programme prévoit notamment la réalisation de 1 000 hectares de fermes agricoles modernes dédiées aux Coopératives Agricoles Communautaires, afin de promouvoir une agriculture moderne, performante et créatrice d’emplois », souligne M. Dia.

Aménagement de 4 700 hectares de périmètres irrigués villageois dans la vallée du fleuve Sénégal

« À cela s’ajoute l’aménagement de 4 700 hectares de périmètres irrigués villageois dans la vallée du fleuve Sénégal pour renforcer durablement les capacités de production agricole et sécuriser les activités des exploitants. Le programme accompagne également les initiatives privées à travers un mécanisme de financement à coûts partagés destiné aux promoteurs, aux coopératives et aux acteurs innovants des chaînes de valeur agricoles et pastorales. Dans le secteur de l’élevage, le FSRP prévoit la réalisation de 100 parcs à vaccination sur l’ensemble du territoire national, dont les 15 premiers sont actuellement en cours de finalisation. Ces infrastructures permettront d’améliorer durablement la santé animale et de renforcer la résilience du secteur pastoral », a souligné M. Dia.

Il rajoute : « Le programme intervient aussi dans la construction et la modernisation des postes d’inspection frontaliers et vétérinaires afin de renforcer le contrôle sanitaire et de faciliter les échanges commerciaux au niveau sous-régional. Parallèlement, un accent important est mis sur le financement de la recherche agricole, de l’innovation technologique et des solutions numériques afin de mettre davantage la science et l’innovation au service des producteurs et des territoires. À travers l’ensemble de ces investissements, le FSRP apporte des réponses concrètes aux préoccupations des producteurs, des éleveurs et des communautés rurales, tout en contribuant à renforcer durablement la sécurité alimentaire de notre pays ».

Quant à M. Dialigué Faye, coordonnateur du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES), souligne : «Au Sénégal, le FSRP constitue une opportunité stratégique pour répondre aux défis liés à la sécurité alimentaire, à la productivité agricole et à l’intégration des marchés. Toutefois, l’efficacité et l’impact de ces interventions restent fortement tributaires de leur compréhension et de leur appropriation par les différents acteurs, notamment les populations bénéficiaires. Dans ce contexte, les médias jouent un rôle important en tant que relais d’information, de sensibilisation et de redevabilité. Dès lors, le renforcement des capacités des journalistes s’avère essentiel pour améliorer la qualité du traitement de l’information sur les questions agricoles et alimentaires ».