Dans son intervention, M. Bara Tall n’a pas manqué de soulever les problèmes auxquels le secteur des BTP est confronté.

« Le pays va mal à travers son secteur privé. Je ne vais pas parler du secteur privé en général, mais étant dans le marigot depuis 46 ans. Je vais me contenter d’être dans mon domaine, le Bâtiment et Travaux Publics, plus particulièrement les Travaux Publics. Il y a les travaux publics qui sont l’État. Aucun pays ne peut avoir sa branche Travaux Publics alors que l’État ne joue pas son rôle. Ici au Sénégal, les Travaux publics ont été complètement ignorés par les régimes successifs. Si on est des géants, on est des géants aux pieds d’argile parce que nous ne sommes pas à la hauteur de nos capacités, dans la mesure de notre capacité, de ce que nous pouvons faire dans notre pays. On préfère les confier à des entreprises étrangères qui très souvent s’appuient sur le personnel et les ingénieurs qu’on a formés pour faire le travail avec l’appui de leurs États sous prétexte qu’ils financent les projets. Tout cela fait avec les régimes successifs, nous avons pensé qu’il faut changer de paradigme, essayer d’aller dans les partenariats public-privé où nous aussi, nous apportons les ressources que les étrangers apportent, mais là aussi nous nous heurtons au désintéressement. Depuis un moment, l’État est venu remettre en cause même cet état dans lequel nous étions. On a tous vécu du jour au lendemain de l’arrêt de travaux et des travaux en cours. Il ne s’agit pas d’activer la dette intérieure, ni de manque à gagner, mais plutôt de préjudice », soutient M. Bara Tall.