Dans une déclaration des ministres en charge du Transport aérien en Afrique pour l’accélération de la mise en œuvre du projet du Marché unique du Transport aérien africain (MUTAA), signée au nom des ministres par M. Komlan Luku Kadjié, ministre togolais des Transports, du Désenclavement et des Pistes rurales et par la Secrétaire générale de la CAFAC, M. Adefunke ADEYEMI, les ministres africains en charge du secteur s’engagent pour l’accélération de la mise en œuvre du Marche Unique du Transport Aérien Africain.

« Nous, Ministres et Chefs de délégation responsables des transports et de l’aviation des États membres de l’Union africaine, réunis à Lomé, République togolaise, à l’occasion de la Convention et Exposition africaines du transport aérien 2026. Adoptons par la présente la Déclaration ministérielle de Lomé », précise-t-on dans la déclaration.

Accélération de la mise en œuvre du MUTAA

« Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la réalisation pleine et effective de la Décision de Yamoussoukro (DY) et du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA/SAATM), en tant que priorité continentale pour l’intégration et le développement de l’Afrique », mentionne le document.

« Nous nous engageons à éliminer les obstacles à l’accès au marché, à harmoniser les accords bilatéraux de services aériens avec les principes du MUTAA, à faciliter l’utilisation effective des droits de trafic et à garantir des procédures transparentes et prévisibles pour la désignation des compagnies aériennes, leur autorisation et l’ouverture des routes ».

Les ministres  exhortent les États membres qui n’ont pas encore adhéré au MUTAA à le faire et encourageons les États participants à traduire leurs engagements en réformes concrètes ouvrant les marchés, améliorant la connectivité et soutenant des services aériens africains viables.

Réduction des coûts et expansion de la connectivité

Les ministres reconnaissent que les taxes, redevances et frais excessifs ou insuffisamment coordonnés augmentent le coût du transport aérien de passagers et de fret, réduisent la demande, affaiblissent la viabilité des liaisons aériennes et limitent la contribution de l’aviation au commerce, au tourisme et à la croissance économique.

Ils approuvent le Cadre continental harmonisé de politique sur les taxes, redevances et frais de l’aviation comme outil de référence pour promouvoir des approches transparentes, consultatives, rentables, non discriminatoires et favorables à la croissance en matière de redevances aéronautiques en Afrique.

Ils s’engagent à mener des examens nationaux et régionaux des taxes, redevances et frais appliqués à l’aviation, à identifier les coûts élevés ou redondants et à mettre en œuvre des mesures pratiques visant à améliorer l’accessibilité financière tout en maintenant les services essentiels de l’aviation.

« Nous nous engageons également à soutenir les corridors prioritaires intra-africains de passagers et de fret alignés sur le MUTAA, les chaînes de valeur de la ZLECAf, les priorités économiques régionales, le tourisme, le commerce électronique, l’agriculture, les produits pharmaceutiques, l’industrie légère et la logistique », souligne-t-on dans la déclaration.

Mobilité fluide, facilitation et infrastructures

Les ministres reconnaissent que les régimes de visas restrictifs, les procédures frontalières incohérentes, les systèmes de facilitation insuffisants et les procédures inefficaces de dédouanement du fret continuent de limiter la mobilité, la viabilité des routes aériennes, le tourisme, le commerce et l’expérience des passagers.

Ils s’engagent à promouvoir des réformes concrètes de facilitation, notamment une plus grande ouverture en matière de visas, la délivrance de visas à l’arrivée et de visas électroniques, la gestion des frontières fondée sur le risque, la mise en œuvre des Normes et pratiques recommandées de l’Annexe 9 de l’OACI, les systèmes de données sur les passagers, l’amélioration du dédouanement du fret et la numérisation des procédures de voyage.

« Nous nous engageons en outre à soutenir la préparation, la structuration et le financement de projets viables d’infrastructures aéronautiques, notamment les aéroports, les systèmes de navigation aérienne, les installations de fret, les systèmes numériques, les infrastructures de sûreté et de sécurité ainsi que les investissements liés aux corridors », note-t-on dans la déclaration.

Ils exhortent les institutions de financement du développement, les investisseurs privés et les partenaires à soutenir un portefeuille continental de projets d’infrastructures aéronautiques au moyen de financements mixtes, de partenariats public-privé, d’instruments de réduction des risques et de mécanismes d’appui à la préparation des projets.

Durabilité, innovation et capital humain

Ils reconnaissent que la croissance de l’aviation africaine doit être sûre, sécurisée, résiliente face aux changements climatiques, technologiquement avancée et soutenue par des professionnels africains qualifiés.

Les ministres s’engagent à soutenir la participation de l’Afrique au développement, à la production, au financement et au déploiement des carburants d’aviation durables (SAF), des carburants d’aviation à faible teneur en carbone (LCAF) et d’autres solutions énergétiques plus propres pour l’aviation, notamment grâce à des cadres politiques favorables, des chaînes de valeur durables d’approvisionnement en matières premières, des mécanismes de certification et des centres régionaux d’agrégation.

Ils s’engagent également à promouvoir la transformation numérique, les systèmes de données aéronautiques, la modernisation de la gestion du trafic aérien, les technologies aéroportuaires et de fret, les outils de supervision de la sécurité, la formation, la maintenance, les systèmes d’aéronefs sans pilote et les autres technologies émergentes.

Sécurité, sûreté et capacité réglementaire

Les ministres réaffirment que le développement et la libéralisation du transport aérien africain doivent être soutenus par une supervision robuste de la sécurité et de la sûreté, une réglementation économique efficace, une concurrence loyale, la protection des consommateurs et des approches réglementaires harmonisées.

Ils s’engagent à renforcer la mise en œuvre des Normes et pratiques recommandées internationales, à améliorer la coopération réglementaire, à soutenir le renforcement des capacités institutionnelles et à accroître la résilience face aux risques émergents liés à la sécurité, à la sûreté, à la santé publique, au climat et aux opérations.

Les ministres appellent les institutions de financement du développement, notamment le Groupe de la Banque africaine de développement et la Banque africaine d’import- export (Afreximbank), ainsi que les partenaires internationaux, les associations professionnelles, les compagnies aériennes, les aéroports, les fournisseurs de services de navigation aérienne, les investisseurs privés, les établissements de formation et les fournisseurs de technologies, à soutenir la mise en œuvre de cette Déclaration.