Un atelier de clôture et de capitalisation du projet Finance 4 All au Sénégal, a été organisé ce jeudi 23 juillet 2026 à Dakar. M. Bara Ndao, directeur régional People Power inclusion sur la zone Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, estime que 265 personnes issues de la société civile sont formées à l’éducation financière numérique.

M. Bara Ndao, directeur régional People Power inclusion sur la zone Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, souligne : « Le projet s’est déroulé de juin 2024 au 15 juillet 2026. Pour accélérer l’inclusion financière, le principal levier reste la sensibilisation et la formation à l’éducation financière. Beaucoup d’organisations interviennent dans ce domaine, mais les actions manquent souvent de coordination. Les populations reçoivent parfois plusieurs fois les mêmes formations sans bénéficier d’un accompagnement suffisant pour appliquer les connaissances acquises. C’est un défi majeur pour les ONG : une fois le financement terminé, elles ne disposent plus des moyens nécessaires pour mesurer les impacts ou poursuivre l’accompagnement. Au total, 265 personnes au niveau des organisations de la société civile ( OSC) ont été formées dans le cadre du projet. Il s’agit principalement de formations de formateurs afin que les bénéficiaires puissent, à leur tour, transmettre les connaissances acquises. Tous les modules et outils pédagogiques leur ont été remis pour assurer la poursuite des formations au sein de leurs organisations ».

Il estime que l’objectif du projet, c’est un projet qui a démarré en 2024 qui a été financé par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères en collaboration avec l’expertise France et Simplon Africa.

Il rajoute : « L’idée du projet, c’était de contribuer à l’inclusion financière des populations, mais surtout les populations les plus vulnérables dans les zones rurales parce que le constat, c’est que c’est des populations qui sont vraiment exclues des services financiers numériques. L’idée du projet, c’est contribuer l’inclusion financière de ces populations les plus vulnérables à travers des formations sur l’éducation financière numérique, mais aussi des formations sur le numérique : comment utiliser   un ordinateur, comment utiliser un smartphone ?L’objectif de cette capitalisation, c’est de tirer les bonnes pratiques, les facteurs de succès, de voire aujourd’hui ce qui n’a pas marché pour demain si on devait reproduire le projet, soit au Sénégal ou bien dans d’autres pays, on va partir de rien mais aujourd’hui de capitaliser sur les acquis de Finance control pour débloquer une seconde phase du projet ».

Il a tenu à préciser que les participants, c’est des partenaires dans le cadre du projet, des organisations de la société civile parce que sur le Sénégal, ils ont travaillé avec 12 organisations de la société civile à Dakar et à Thies parce que le projet, c’est dans ces deux zones.

« Le budget était très limité, on ne pouvait pas couvrir tout le Sénégal mais c’est juste une phase pilote, nous avons travaillé avec des organisations à Thies et à Dakar. Et l’objet, c’est vraiment de capitaliser. Nous avons invité le ministère des finances, l’Observatoire de la qualité des services », dira-t-il.

Les Défis du projet

« Les défis, nous ne pouvons pas aujourd’hui réussir ce projet sans impliquer l’Etat parce que nous avons développé une plateforme mais le risque aujourd’hui, c’est que la plateforme est là et elle risque de mourir à la fin du projet. Au Cameroun, comme au Sénégal, nous avons interpellé l’ensemble des acteurs étatiques pour que ces gens-là puissent reprendre la plateforme à la fin du projet parce que la plateforme, c’est une plateforme de comparaison des services financiers numériques parce qu’il faut actualiser les données. Pour cela, nous n’avons aucun moyen aujourd’hui de demander aux institutions financières de nous donner par exemple leur planification, de nous donner leurs conditions pour une actualisation progressive de la plateforme et là, seul, l’Etat a les moyens de le faire parce que l’Etat va durer, le projet termine, on aura plus l’équipe de projet, on n’aura plus de ressources pour continuer à maintenir la plateforme. Donc, ça, c’est un défi, il faut l’Etat s’y mette pour nous accompagner parce que comme on l’a dit, aujourd’hui, nous avons mis la fondation mais pour que maintenant la plateforme puisse prendre forme, il faut que l’Etat accepte de reprendre la plateforme, accepte de nous appuyer », a-t-il laissé entendre.

L’inclusion financière numérique essentiel pour réduire les inégalités économiques

« L’inclusion financière numérique constitue aujourd’hui un levier essentiel pour réduire les inégalités économiques, favoriser l’autonomisation des populations vulnérables et renforcer leur participation à la vie économique. Toutefois, malgré les avancées enregistrées dans les pays d’Afrique subsaharienne, de nombreux défis subsistent en matière d’accès à l’information financière, de compréhension des services financiers numériques, de protection des consommateurs et d’accompagnement des populations les plus éloignées des systèmes financiers formels. C’est pour répondre à ces enjeux que le projet Finance 4 All a été initié, avec pour ambition de renforcer l’inclusion financière en développant des solutions adaptées aux réalités des bénéficiaires, en mettant l’accent sur l’éducation financière et la protection des consommateurs », mentionne-t-on dans les TDR.

Toujours d’après les TDR, Finance 4 All est mis en œuvre au Sénégal et au Cameroun par People Power Inclusion (PPI) et Simplon Africa, avec le soutien d’Expertise France et le financement du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE) de France.

« Objectif global : Renforcer l’inclusion financière des populations économiquement vulnérables au Sénégal et au Cameroun, grâce à une utilisation plus efficace et moins risquée des produits et services de finance numérique. Objectifs spécifiques :  Améliorer l’accès et la lisibilité de l’offre de services financiers numériques par la mise à disposition d’outils d’information et de formation à l’éducation financière numérique. Faciliter l’appropriation par les populations vulnérables des produits et services financiers numériques.  Renforcer la protection des consommateurs de produits et services financiers numériques », renseigne-t-on dans les TDR.