Les acteurs du secteur maritime ont mis en place un Comité National de Médiation Maritime qui prend en charge les litiges opposant les acteurs afin d’atténuer en amont les contentieux susceptibles d’interférer dans leurs activités respectives. L’initiative procède d’une forte recommandation du Tribunal du Commerce avec pour finalité de maîtriser les risques judiciaires compte tenu de l’important flux des assignations.
Le Comité est un partenaire actif des manutentionnaires, des structures portuaires et maritimes ainsi que le Tribunal du Commerce en aval. Le Comité en question se veut une instance arbitrale habilitée au sein du monde maritime à prendre.
M. Amadou Massar Sarr, coordonnateur du Comité National de Médiation Maritime et Portuaire, souligne : « Créé par la Communauté des acteurs portuaires pour bien entendu avoir dans le cadre du port, un port apaisé pour permettre à tous les acteurs quand ils auront des conflits de pouvoir nous-mêmes, entre nous, régler le conflit et pouvoir continuer à commencer. Parce que vous savez que quand il y a un conflit souvent, ça a terminé au tribunal. Et quand on va au tribunal, il y a toujours un vainqueur et un vaincu ».
Il poursuit : « A chaque fois que ça arrive, les deux parties ne se parlent plus. Avec maintenant ce que nous avons appris, ce que nous avons reçu du tribunal du commerce Hors Classe de Dakar, nous avons aujourd’hui les outils pour pouvoir mettre à notre niveau les modes alternatifs de règlement des conflits ou bien les modes alternatifs de règlement des différends. Donc aujourd’hui, c’est la raison principale de notre présence ici ».
Quant à M. Baba Tall, président de la Communauté des acteurs portuaires du Sénégal, il avance : « C’est un moment important pour la communauté des acteurs portuaires, qui, je le rappelle, est une association qui préserve l’ensemble des membres de l’opposition portuaire avec comme mission principale de promouvoir les places portuaires du Sénégal. Quand on parle de promouvoir les places portuaires du Sénégal, c’est aller vers une compétitivité des ports de Dakar et des ports du Sénégal, de façon générale ».
Il estime que dans leur organisation, ils ont mis en place plusieurs comités qui coordonnent et qui assistent le bureau de la communauté des acteurs portuaires pour permettre aux décideurs à l’outil du portail de prendre les meilleures décisions pour l’intérêt des acteurs portuaires.
« Parmi ces comités, nous avons le comité des médiations. Un des projets qui vient d’être inauguré, c’est le siège de ce comité des médiations. Nous souhaitons admettre les autorités portuaires et maritimes, mais également les judiciaires qui nous accompagnent dans ce projet-là. Pourquoi ce comité ? Parce que nous avons constaté plusieurs fois, quand on parle de promotion et de compétitivité des places portuaires du Sénégal, nous avons constaté qu’il y a beaucoup d’incompréhensions et de litiges et de contentieux au niveau de la place portuaire. Et souvent, ces contentieux bloquent, je peux même dire, l’infrastructure portuaire, mais également les navires ou les armements qui touchent le port de Dakar pour des opérations commerciales et techniques », dira-t-il.
Mme Aïssatou Diémé Diallo, présidente tribunal du commerce de Dakar, affirme : « Il y a toujours un gagnant et un perdant, un content et un mécontent. Donc, c’est mieux de venir chez eux, de régler, eux-mêmes, leurs problèmes. Ils vont trouver une solution qui leur convienne et garder leur relation. Ils pourront poursuivre leur relation parce que tout le monde en sortira content. Et régler rapidement leurs litiges. Parce que, vous savez bien, au tribunal, on a toujours été au banc des accusés ».
Elle rajoute : « On reproche toujours de lenteur au niveau des procédures et autres. Mais, c’est parce qu’il y a une procédure à suivre. Le gage du droit, c’est la procédure. Souvent, nos parents disent, vous pouvez avoir le droit, mais la procédure veut dire que vous n’avez pas gagné. Parce qu’il y a une exception d’incompétence ou une fin de non-recevoir liée à la prescription. Le droit est là, mais on vous dit que vous n’avez pas gagné, c’est dire le juge. Donc, c’est bon de venir en médiation au niveau du comité. Donc, j’exhorte tous les acteurs portuaires à prendre cet instrument, qui est le comité, en faire leur Bible ou leur Coran. Et vraiment, tout faire pour que ce comité aille de l’avant ».


























