Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, Garde des Sceaux a procédé ce lundi 21 septembre 2026 à l’ouverture de la conférence internationale annuelle de la CEDEAO qui se tient du 21 au 25 septembre 2026 à Dakar. Le ministre de la justice a réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur d’une justice communautaire forte, accessible et efficace.
Cette rencontre dont le thème est : « La Cour de justice de la CEDEAO à la croisée des chemins : justice, innovation, protection des droits de l’homme et avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest », a réuni les plus grands acteurs juridiques et institutionnels de l’Afrique de l’Ouest, notamment les Présidents des Cours suprêmes des États membres, les dirigeants des institutions de la CEDEAO, des défenseurs des droits humains, des chercheurs et des experts internationaux.
Me Moussa Sarr, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a affirmé : « Cette conférence se tient à un moment charnière, marqué par de profondes mutations institutionnelles, politiques et technologiques, et par une réflexion renouvelée sur l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Elle intervient alors que Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, assure, depuis le 19 juillet dernier, la présidence de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO et notre compatriote, le Général Birame DIOP, celle de la Commission de la CEDEAO ».
Il estime qu’au cœur de l’architecture institutionnelle de la CEDEAO, la Cour de justice joue un rôle essentiel dans la consolidation de la démocratie, de l’État de droit et dans la construction de l’espace communautaire. Et en assurant le respect du droit communautaire et en garantissant les droits et libertés fondamentaux, elle occupe une place singulière dans notre organisation.
« Mais cette justice communautaire est aujourd’hui confrontée à des attentes croissantes liées aux exigences d’accessibilité, d’efficacité et de célérité dans un environnement en profonde mutation. Il ne s’agit plus seulement de déterminer la place de la Cour dans l’architecture communautaire ; il s’agit désormais de réfléchir à la manière dont elle peut continuer à exercer pleinement sa mission dans un contexte marqué par des transformations rapides et des défis nouveaux », dira le Garde des Sceaux.
Selon le ministre de la justice, une justice innovante peut renforcer la protection des droits fondamentaux et restaurer la confiance des citoyens dans l’intégration régionale. Et la transformation numérique offre des perspectives considérables : dématérialisation des procédures, modernisation des outils de travail, audiences virtuelles, et, avec les précautions nécessaires, recours à l’intelligence artificielle.
Il rajoute : « Mais l’innovation doit demeurer au service de la justice, de l’État de droit et de la protection des droits fondamentaux. Elle ne saurait créer de nouvelles formes d’exclusion ni porter atteinte aux garanties essentielles du procès équitable. L’intelligence artificielle peut assister le juge ; elle ne peut ni se substituer à son office, ni altérer son indépendance, ni réduire son pouvoir d’appréciation. L’intégration régionale ne saurait se limiter à la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux. Elle suppose un espace juridique cohérent, des institutions fortes et une justice accessible. La Cour de justice de la CEDEAO occupe une place essentielle dans la consolidation de la démocratie, de l’État de droit et dans l’harmonisation de l’espace régional ».
Il conclut : « Approfondir l’intégration, c’est consolider un espace de droit dans lequel les citoyens peuvent avoir confiance ; un espace où la justice rapproche les peuples et où les institutions communautaires demeurent au service de leur aspiration à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité. Fidèle à son attachement à l’État de droit, à la protection des droits de l’homme et à la coopération judiciaire régionale, le Sénégal réaffirme son engagement en faveur d’une justice communautaire forte, accessible et efficace. Cet engagement se traduit par son soutien constant à la Cour de justice de la CEDEAO, ainsi qu’en témoignent parmi tant d’autres collaborations, le récent accueil à Dakar de la deuxième édition du concours de plaidoirie et la présente conférence. Notre pays demeure pleinement disponible pour accompagner la CEDEAO, avec l’ensemble des États et des institutions de la communauté, dans la construction d’une justice communautaire à la hauteur des aspirations de nos peuples et des exigences de notre temps ».
Quant à M. Mouhamadou Mansour Mbaye, président de la cour suprême du Sénégal, il affirme :«Notre région traverse aujourd’hui une période de profonde transformation. Les mutations politiques et économiques, sociales et sécuritaires reconfigurent la société et le rôle des défenseurs des droits de l’homme. Les aspirations de nos concitoyens à davantage de justice, de sécurité, de prospérité et de protection de la dignité humaine sont fortes et constantes. Dans le même temps, les crises institutionnelles, les tensions politiques, les défis sécuritaires et les préoccupations sur l’avenir de la coopération régionale nous obligent à réviser le mécanisme de solidarité et de gouvernance collective ».
Il poursuit : « Dans ce contexte, la protection des droits de l’homme ne peut être qu’essentielle. Lorsque les institutions sont fragilisées, le droit doit demeurer un point d’ancrage capable de préserver les valeurs fondamentales. Le droit ne doit pas être perçu comme un obstacle à l’exercice du pouvoir. Il doit en être l’un des instruments, et c’est précisément dans ces moments qu’il convient de souligner l’importance de l’engagement des acteurs communautaires ».


























