La Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN) rend publics les résultats de l’évaluation internationale des apprentissages PASEC2024 de son Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs (PASEC). L’évaluation révèle des trajectoires nationales contrastées : en fin de primaire, la lecture recule au Bénin et au Sénégal.

D’après le communiqué parvenu à notre rédaction, les décideurs, les acteurs et les partenaires éducatifs de l’Afrique subsaharienne prendront connaissance des enseignements tirés du cycle d’évaluation des apprentissages mené en 2025.

presentation des resultats de l’évaluation du PASEC 2024

« Le PASEC2024 dresse le bilan d’une décennie d’évolutions pédagogiques menées dans 16 pays d’Afrique. En croisant les données recueillies auprès de 364 313 répondants, (élèves, enseignants, directions d’école et parents), l’évaluation met en lumière une réalité nuancée : si les premières années de scolarité enregistrent des avancées majeures, la fin du primaire et la fin du collège révèlent une fragilisation marquée des compétences fondamentales », renseigne le document.

Et le communiqué de rajouter : « Ces premiers résultats de l’évaluation PASEC2024 dont la collecte des données a été réalisée en 2025 montrent des trajectoires contrastées selon les niveaux, les disciplines et les pays. Comprendre ces différences est le point de départ d’un progrès partagé. L’enjeu de cette publication n’est pas d’établir un classement général des pays participants, mais de comprendre les trajectoires et d’éclairer sur les conditions de réussite.  En effet, les chiffres agrégés recouvrent des réalités diverses. La CONFEMEN invite l’ensemble des acteurs à analyser ces expériences pour favoriser un apprentissage mutuel entre les systèmes éducatifs dans le cadre du fil rouge « Apprendre ensemble ».

Une décennie d’apprentissages : entre progrès en début de scolarité primaire et nouveaux défis

La source précise que les progrès constatés en début de scolarité constituent la principale réussite de cette décennie d’efforts. Entre 2014 et 2025, la proportion d’élèves situés sous le seuil minimal de compétences a fortement régressé dans les pays observés.

« La part des enfants en grande difficulté est ainsi passée de 71 % à 41 % en lecture, tandis qu’elle chutait de 47 % à 26 % en mathématiques. Ces résultats démontrent que les interventions ciblées sur les premiers niveaux du primaire portent leurs fruits et permettent d’asseoir de meilleures bases pour le parcours scolaire », note la source.

« L’analyse des niveaux ultérieurs nuance toutefois ce constat encourageant. En fin de primaire, la dynamique s’inverse et traduit un essoufflement des acquis. En lecture, la proportion d’élèves sous le seuil minimal, qui s’établissait à 52 % en 2019, remonte à 62 % en 2025 et grimpe à 75 % en mathématiques (contre 62 % en 2019). Mesurée pour la première fois, la fin de collège confirme cette fragilité, avec seulement 32,9 % d’élèves au niveau requis en lecture et 21,9 % en mathématiques », souligne la source.

La source souligne que l’analyse des niveaux ultérieurs nuance toutefois ce constat encourageant. En fin de primaire, la dynamique s’inverse et traduit un essoufflement des acquis.

« En lecture, la proportion d’élèves sous le seuil minimal, qui s’établissait à 52 % en 2019, remonte à 62 % en 2025 et grimpe à 75 % en mathématiques (contre 62 % en 2019). Mesurée pour la première fois, la fin de collège confirme cette fragilité, avec seulement 32,9 % d’élèves au niveau requis en lecture et 21,9 % en mathématiques », précise la source.

Le document note que ces difficultés reflètent en partie des enjeux liés au corps professoral et au milieu d’apprentissage.

« Du côté des enseignants, la maîtrise académique présente des disparités disciplinaires significatives : 42,9 % d’entre eux atteignent le niveau supérieur d’expertise en compréhension de l’écrit, contre 21,3 % en mathématiques. L’évaluation confirme, par ailleurs, la persistance d’écarts de performance liés au genre, au statut public ou privé des établissements, ainsi qu’au milieu de scolarisation, les zones rurales restant particulièrement vulnérables », renseigne la source.

« L’évaluation révèle des trajectoires nationales contrastées : en fin de primaire, la lecture recule au Bénin et au Sénégal mais progresse en Côte d’Ivoire, tandis qu’elle avance en début de cycle en République du Congo et au Sénégal. Pour la CONFEMEN, l’objectif n’est pas d’établir un classement entre États, il s’agit d’identifier les expériences réussies, leurs conditions et leur partage éventuel », souligne la source.

« Ces premiers résultats démontrent que des progrès tangibles sont possibles dès le début de la scolarité grâce aux efforts conjugués de nos États. Toutefois, les défis persistent à la fin du primaire et à la fin du collège, nous rappelant l’urgence d’agir pour consolider nos acquis, particulièrement en mathématiques. L’évaluation PASEC2024 offre à nos nations une opportunité inédite de dépasser les simples moyennes pour s’inspirer mutuellement des parcours réussis et bâtir ensemble une école plus équitable et performante » a déclaré le professeur Abdel Rahamane Baba-Moussa, Secrétaire général de la CONFEMEN.

Toujours d’après la source, en révélant la diversité des trajectoires nationales, le cycle PASEC2024 rappelle que la transformation durable de l’école repose avant tout sur le partage d’expériences réussies, la formation continue des équipes pédagogiques et la recherche constante de l’équité et de la qualité.

PERSPECTIVES ET AXES STRATÉGIQUES POUR L’AVENIR DE L’ÉDUCATION

Les enseignements de l’évaluation PASEC2024 dessinent les priorités d’action et les leviers d’amélioration pour le développement de l’éducation dans l’espace francophone pour les années à venir :

L’amorçage réussi du cycle primaire et le défi de la pérennisation : si la décennie 2014–2025 confirme l’efficacité des politiques de début de scolarité (le pourcentage d’élèves en dessous du niveau minimal reculant de 71 % à 41 % en lecture et de 47 % à 26 % en mathématiques), le défi immédiat réside dans l’endiguement de l’effritement des acquis en fin de cycle, où 61 % des élèves demeurent sous le seuil critique en lecture.

Reconfigurer la didactique des sciences et accompagner les enseignants : le recul marqué en mathématiques à la fin du primaire (75 % d’élèves sous le seuil requis) et au collège (78,1 %) doit placer la transformation de l’enseignement des mathématiques au coeur des agendas nationaux. Cette ambition passe nécessairement par le renforcement de la formation des enseignants, deux fois moins nombreux à maîtriser le niveau supérieur en mathématiques (21,3 %) qu’en compréhension de l’écrit (42,9 %).

Consolider la continuité entre le primaire et le premier cycle du secondaire : l’établissement d’une première référence au collège (32,9 % d’élèves au-dessus du niveau minimum de compétences en lecture et 21,9 % en mathématiques) ouvre la voie à un suivi accru des années de transition, afin de préserver le capital d’apprentissage des jeunes apprenants à l’entrée du second degré et ainsi éviter le décrochage précoce.

Capitaliser sur les modèles de réussite inter-États : l’analyse des données démontre qu’aucune trajectoire n’est figée, comme en témoignent les progressions enregistrées par la Côte d’Ivoire en fin de primaire. Le défi pour les États membres consiste à dépasser les moyennes globales pour capitaliser sur les politiques publiques qui portent leurs fruits au sein de l’espace communautaire.

Mobiliser l’écosystème éducatif global en faveur de l’équité : l’intégration inédite de l’environnement familial à travers les 159 845 répondants de l’enquête invite à agir sur les facteurs socio-économiques et territoriaux. Réduire les écarts entre zones rurales et urbaines, favoriser l’égalité des genres selon les disciplines et soutenir le secteur public constituent des conditions essentielles pour bâtir une école plus inclusive et performante.

A PROPOS DE LA CONFEMEN

Créée en 1960, la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN) est la plus ancienne institution intergouvernementale francophone. Elle rassemble 43 États et gouvernements membres pour guider les politiques éducatives, favoriser le dialogue international et affirmer son rôle de force de réflexion, de production et d’orientation au service d’une éducation inclusive et de qualité pour tous. Tous les deux ans, les ministres de l’Éducation se réunissent lors de sessions ministérielles afin d’adopter les orientations stratégiques nécessaires au développement des systèmes éducatifs.

À travers le principe directeur de cette campagne de lancement « Apprendre ensemble », la CONFEMEN vise à encourager le partage d’expériences réussies, la coopération bilatérale et multilatérale ainsi que le développement du capital humain au sein de l’espace francophone. Dans cette perspective, l’institution déploie ses missions autour de la concertation politique permanente, de l’accompagnement des États dans le pilotage de politiques publiques efficaces et de la production de connaissances probantes, notamment à travers les évaluations des apprentissages à grande échelle standardisées et comparatives menées par le PASEC. Elle s’attache également à dynamiser la coopération en valorisant les innovations pédagogiques et à renforcer les compétences des acteurs de l’éducation pour préparer l’avenir des jeunes générations.

APERÇU DU PASEC2024

Créé en 1991, le PASEC (Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN) est un programme phare initié par la CONFEMEN à la suite de la Conférence mondiale sur l’Éducation pour tous. Son objectif principal est d’évaluer la qualité et l’équité des systèmes éducatifs des pays membres afin de fournir aux décideurs des outils concrets d’aide à la décision destinés à améliorer les politiques éducatives et les pratiques pédagogiques. Pour ce faire, le programme s’appuie sur une analyse approfondie des facteurs environnementaux, socio-économiques et scolaires qui influencent directement la réussite et les performances des apprenants.