Le gouvernement sud-africain a annoncé vendredi qu’il allait recréer une nouvelle compagnie aérienne nationale sur les ruines de South African Airways (SAA), dont la ruine financière a été précipitée par la pandémie de coronavirus.

Lourdement endettée et récemment placée en redressement, SAA n’a enregistré aucun bénéfice depuis 2011 et ne survit depuis des années que grâce au budget de fonctionnement de de l’Etat. L’arrêt quasi total du trafic aérien mondial, causé par la crise sanitaire actuelle, a rendu encore plus aléatoire la survie de SAA, qui emploie 5 200 salariés.

Le mois dernier, le gouvernement avait refusé de verser une énième aide d’urgence de 10 milliards de rands (500 millions d’euros) à la compagnie, la condamnant à mort à courte échéance.

«Les parties prenantes (…) se sont mises d’accord sur une vision et une stratégie à long terme» en vue de « a création d’une nouvelle compagnie aérienne dynamique », a annoncé vendredi le ministère des Entreprises publiques. « Ce ne sera pas l’ancienne SAA mais le début d’un nouveau voyage vers la constitution d’une nouvelle compagnie restructurée qui sera le nouvel étendard de l’Afrique du Sud », a ajouté le ministère dans un communiqué relayé par l’AFP. « La transition vers la nouvelle compagnie pourrait exiger des sacrifices », a-t-il annoncé, indiquant qu’une partie des salariés de l’actuelle SAA « pourraient être déplacés ».

Symbole de la mauvaise gestion des entreprises publiques qui a caractérisé le règne de l’ex-président de l’Afrique du Sud Jacob Zuma (2009-2018), SAA a été contrainte de supprimer de nombreuses liaisons ces derniers mois.La pandémie de Covid-19 devrait causer un recul de -5,8% de la croissance du pays en 2020, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI).

Les premiers signaux sur la fin imminente de SAA remonte à avril 2018 lorsque le management de la compagnie avait demandé à l’Exécutif quelque 5 milliards de rands (404 millions de dollars) pour couvrir ses besoins de trésorerie, tout en avisant ce dernier que SAA était incapacité de rembourser sa dette l’année suivante.

En juin dernier, Vuyani Jarana, alors CEO de SAA, avait démissionner de son poste  en expliquant sa décision par l’incertitude dans le financement du plan de relance et la lenteur dans l’application des réformes qui retardaient la stratégie de redressement de la SAA.

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