Les sept stratégies de sortie de crise proposées par le groupe de réflexion de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique sont issues de propositions et d’essais réalisés dans le monde entier.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA) a publié ce 9 mai un nouveau rapport proposant aux pays africains diverses stratégies de sortie de crise liée à la maladie à coronavirus après l’imposition de mesures de confinement qui ont contribué à limiter la propagation du virus, mais qui ont eu des conséquences économiques dévastatrices. Au moins 42 pays africains ont appliqué des mesures de confinement partiel ou total dans leur quête pour enrayer la pandémie. La publication de ce rapport intervient deux jours après le web-débat entre experts, organisé jeudi à l’initiative de la CEA et durant lequel ces derniers ont appelé à des stratégies efficaces tant sur le plan social qu’économique pour favoriser la reprise.

La CEA estime qu’un confinement total d’un mois dans toute l’Afrique coûterait au continent environ 2,5 % de son PIB annuel, soit l’équivalent d’environ 65,7 milliards de dollars par mois. Ce chiffre est distinct et s’ajoute à l’impact externe, plus large, de la crise liée au Covid-19 sur l’Afrique, qui résulte de la baisse des prix des produits de base et des flux d’investissement. « La croissance sur le continent était prévue à un taux global de 3,2%. Aujourd’hui, dans les meilleurs de cas, ce taux descendra à 1,8% », prévoyait Vera Songwe, directrice exécutive de la CEA, lors du live organisé le 23 avril dernier par La Tribune Afrique, en partenariat avec l’agence 35°Nord.

Dans le nouveau rapport intitulé Covid-19 : lockdown exit strategies for Africa, la CEA propose sept stratégies de sortie qui assurent une activité économique durable, bien que réduite. Le rapport présente certaines des stratégies de sortie proposées et expérimentées dans le monde entier et décrit les risques encourus par les pays africains.

D’après la CEA, parmi les questions les plus sensibles auxquelles sont confrontés les décideurs politiques figure l’impact des fermetures de Covid-19 sur la sécurité alimentaire.

Les sept stratégies de sortie du confinement proposées par le groupe de réflexion sont identifiées à partir de propositions et d’essais réalisés dans le monde entier. Elles sont évaluées en fonction de la mesure dans laquelle chaque stratégie minimise l’incertitude quant aux décès. Dans la plupart des cas, les pays appliquent une combinaison de plusieurs stratégies telles que les essais, la recherche des contacts et la réouverture progressive et segmentée, explique la CEA dans un communiqué.

Ils améliorent les tests, le confinement jusqu’à la mise au point de médicaments préventifs ou curatifs, la recherche des contacts et les tests de masse, les permis d’immunité, la réouverture segmentée progressive, le déclenchement adaptatif et l’atténuation, rapporte la CEA.

Dans le cadre du déclenchement adaptatif, les Etats peuvent assouplir les mesures de confinement lorsque les infections diminuent et les réimposer si elles commencent à dépasser la capacité des soins intensifs. Ces mesures nécessiteraient des arrêts réguliers pendant les deux tiers de l’année, ce qui ne changerait pas grand-chose au confinement permanent d’un point de vue économique. La capacité hospitalière en Afrique est limitée, ce qui signifie que la capacité serait rapidement dépassée, avec un impact certain sur le nombre de décès.

Par ailleurs, les entreprises interrogées par la CEA ont déclaré ne fonctionner qu’à 43 % de leur capacité habituelle et 70 % des habitants des bidonvilles déclarent manquer de repas ou mangent moins à cause de la pandémie. Le rapport note que les fermetures d’usines permettent de prévenir de graves vulnérabilités et que les tests, la recherche des contacts et l’assouplissement des restrictions peuvent être possibles pour les pays qui disposent de systèmes de santé publique suffisants et qui ont maîtrisé la transmission de la maladie, ont mis en place des mesures préventives, ont engagé et sensibilisé les populations et minimisé les risques pour les personnes vulnérables.

Une réouverture progressive et segmentée peut être nécessaire dans les pays où le confinement a échoué, des mesures supplémentaires pour supprimer la propagation de la maladie étant nécessaires là où le virus se propage encore, note le rapport. La propagation du virus continue de s’accélérer dans de nombreux pays africains, à raison de 30 % par semaine en moyenne.

La CEA invite dans son rapport les pays du continent à tirer parti de ce retard dans la propagation de la pandémie et des leçons des expériences d’autres régions, notamment pour concevoir avec soin des stratégies de sortie de confinement.

www.afrique.latribune.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Enter Captcha Here : *

Reload Image