Revisitons notre histoire, les bases de notre identité culturelle, les valeurs humaines qu’incarnées nos ancêtres, le train de vie de nos institutions et d’autres priorités indispensables… pour prendre définitivement le chemin de l’autonomie et de l’indépendance économique.

Chers chefs d’État du continent africain, vous pouvez le faire. Mobilisez-vous ! Dans ce nouveau schéma, je vous invite à incarner la simplicité, la transparence et l’engagement comme piliers fondamentaux dans la gouvernance des affaires publiques.

L’Afrique est un grand ensemble qui a toujours su se relever des crises et conflits internes qui l’ont secoué, grâce à la combativité de ses dignes ancêtres. Ces derniers, jadis, ont durement travaillé pour nous léguer un héritage favorable au développement économique. Ils n’ont pas eu accès à internet, aux médias influents et aux nouvelles technologies de pointe pour apprivoiser leur environnement. Ils ont vécu dans des difficultés et ont toujours démontré que face à une épreuve difficile il existe une solution.

En quittant ce beau monde, les ancêtres africains ont laissé à leurs fils d’immenses gisements et richesses, des terres fertiles, une population encrée dans les valeurs humaines fortes, des territoires prometteurs de croissance et d’espoir pour tous.

Actuellement avec l’avènement de la mondialisation, les nouveaux décideurs du contient africain ont compris, que cet héritage doit disparaître et leurs orientations politiques doivent suivre intégralement la volonté des pays industrialisés et les institutions internationales. Cette situation a provoqué une perte d’autonomie de l’exploitation des ressources africaines par les africains.

Aujourd’hui, les regards du monde entier sont tournés vers ce beau continent pour les multiples richesses de son sous-sol, la souplesse de ses chefs d’États et décideurs, la main d’œuvre à bon marché… Plusieurs grandes entreprises des pays développés se sont installées à travers le continent et accaparent la majeure partie des ressources naturelles et dès fois, avec leurs propres conditions. Elles arrivent sur le continent et envisagent leur modèle entrepreneurial et l’impose aux autorités africaines. Nos États leur octroient d’énormes facilités et des faveurs de grande portée pour leur ouvrir les portes de la prospérité. Elles exploitent les matières premières du continent et fabriquent des biens de production et de consommation qu’elles nous revendent à des prix excessifs.

Pendant ce temps, les braves femmes du continent, les acteurs de l’économie informelle et les honnêtes citoyens armés de courage se battent au quotidien et cherchent le chemin de l’espérance. Au lieu de s’occuper de nos populations et les accompagner à créer des valeurs partagées, nos dirigeants ont opté pour céder à « bas prix » les opportunités de nos pays à des étrangers à des conditions très alléchantes.

Très souvent, nos dirigeants font même leur publicité en soutenant que l’arrivée des entreprises étrangères est une aubaine pour l’Afrique, car elle permet d’assurer à la population locale des emplois décents et donne à l’État l’opportunité de collecter des recettes fiscales supplémentaires conséquentes. L’analyse faite par plusieurs spécialistes en économie fait ressortir le bilan suivant « extrait de quelques points de vue justifiés » : (i) la présence des multinationales nuit gravement la santé économique des petits entrepreneurs africains, le cas du géant de la distribution Auchan en est une parfaite illustration, (ii) les rémunérations et traitements salariaux accordés aux populations locales sont faibles, (iii) les sommes d’argent gagnées sur le territoire africain au titre de bénéfices se chiffrent à des milliards de francs CFA par année et ces richesses sont directement rapatriées dans leur pays d’origine où dans des paradis fiscaux.

Je laisse le soin à chaque lecteur de cet article de tirer sa propre conclusion de cette situation préoccupante.

Avec la présence du Covid-19 partout dans le monde, des milliers d’entrepreneurs africains et des bonnes volontés ont apporté des contributions massives pour barrer la route à la progression du virus. Les grandes entreprises étrangères qui bénéficient de tous les privilèges du continent se manifestent avec des soutiens financiers très limités. Bien vrai qu’on doit financer nos priorités en fonction de nos ressources, mais ce temps exceptionnel que nous traversons pouvait inciter ces entreprises étrangères à se bouger et de nous montrer une solidarité à la hauteur de leurs avantages issus de l’exploitation des richesses du continent.

J’espère que nos Chefs d’État en tireront de bonnes leçons et réfléchiront d’avantage pendant cette période de confinement pour se rendre compte qu’une économie qui ambitionne la progression de ses agrégats économiques doit compter en priorité sur ses propres fils. Promouvoir des champions nationaux devient aujourd’hui une exigence de survie pour le peuple africain.

En écrivant ces lignes, j’ai eu une grande pensée au Président Ghanéen Nana Akufo-Addo, pour son militantisme spontané et son engagement justifié pour la cause africaine.

En septembre 2018, en marge du sommet des Nations Unis, en répondant aux questions du journaliste de France 24 Marc PERELMAN, le Président déclare que les dirigeants africains doivent exclusivement s’occuper des problèmes de leurs populations. La France s’occupe des français et non les allemands a t-il soutenu. Suivant son analyse, les présidents africains ne doivent pas attendre l’arrivée d’une aide extérieure pour faire face aux contraintes de la vie. Il estime également que les pays africains ont échoué leurs stratégies de mise en place de leurs politiques d’emploi et cette situation a entrainé la fuite massive des jeunes de leurs pays, car ne pouvant trouver un avenir meilleur chez eux.

Dans une autre déclaration télévisée, le Président du Ghana Nana Akufo-Addo a dit : « nous devons sortir de l’Afrique de cette mentalité d’assistée et de mendiant. Il estime qu’au regard des ressources du continent, c’est nous africains qui devrions donner de l’argent aux autres continents ». Cette vision est tout à fait soutenue par Patrice Talon, le Président du Bénin. Pour le financement de la politique sécuritaire de l’espace de l’UEMOA, il appelle ses paires à ne pas attendre des ressources et subventions de la part des institutions des autres continents et de la part des partenaires bilatéraux. Position prise à Dakar, lors de la réunion du comité de haut niveau sur le financement de la sécurité dans l’espace UEMOA.

Il faut préciser que le président du Ghana a renoncé au renouvellement du programme d’aide du Fonds monétaire international. Il a opté pour l’utilisation d’autres mécanismes pour financer l’économie de son pays. Son orientation a eu un grand succès : première puissance en Afrique en 2018, réformes phares pour placer le citoyen au cœur du développement économique, instauration et promotion de modèle de démocratie de référence, assainissement des finances publiques… entre autres.

Ces multiples positions font de ce dirigeant, un homme de qualité qui incarne les valeurs incontournables pour une Afrique forte, autonome et indépendante.

Chers chefs d’État du continent africain,

Vous avez l’habitude de nous exposer les problèmes de notre continent et sans nous fournir des modes opératoires sûrs pour trouver des alternatives. Vous justifiez souvent vos positions par le manque de moyens de nos pays. Je ne partage pas cet avis. Les moyens peuvent être créés. C’est une question de gymnastique intellectuelle. Tous vos besoins sont satisfaits par l’argent du contribuable. Les efforts que vous déployez pour vous garantir l’assurance de vos dépenses, si vous faîtes pareil pour les usagers, vous pouvez trouver les ressources pour financer nos politiques de développement. Diminuez le luxe auquel vous êtes habitué et les charges faramineuses inutiles que vous faîtes supporter à nos économies. Peut-on considérer que vous criez sur tous les toits le manque de moyens financiers de nos pays et que vous avez les meilleurs parcs automobiles du monde, vos ministres disposent de plus de deux voitures de luxe et des avantages infinis. Vos parlementaires, vos directeurs généraux des sociétés nationales, vos hauts fonctionnaires… empochent de très grandes sommes d’argent tous les mois. Ces personnes citées qui sont appelées à représenter le peuple africain et à servir leurs concitoyens, se servent et ne tiennent pas compte des situations qu’ils vivent. C’est scandaleux.

Je ne suis adepte du copier coller en matière de choix stratégique. Je prône pour la création de notre propre modèle de gouvernance. En revanche des pratiques de certains pays m’inspirent beaucoup. En France par exemple, le premier ministre Edouard Philipe dispose d’une seule voiture de fonction de marque Renault Espace, une voiture accessible à des millions de citoyens français.

En Suède (un pays de l’Europe du nord), seul le premier ministre a le privilège de disposer d’une voiture avec chauffeur et d’un appartement de 175 m2. Les ministres se débrouillent comme ils peuvent avec la disponibilité des transports en commun du pays pour effectuer leurs missions. Dans ce pays, les autorités estiment que pour répondre aux préoccupations des populations, l’autorité doit se confronter à leurs réalités. Dans ce pays le ministre est considéré comme un citoyen ordinaire. Il mange à la cantine, débarrasse son plateau après avoir mangé, comme tous les autres fonctionnaires de son ministère. Son travail c’est de servir le peuple.

L’ampleur du coronavirus implique moins d’activités et par conséquent la réduction considérable de la croissance économique à distribuer à la population africaine. Ses dégâts sont lourds pour les pays fragiles et surtout pour ceux qui ont basé leurs perspectives économiques sur la production et l’exportation des matières premières.

Pour conclure cette réflexion, j’invite nos dirigeants à tenter d’autres expériences en matière de modèle entrepreneurial et en adossant dans leurs stratégies de développement de l’entrepreneuriat les valeurs de la civilisation africaine, pour démontrer leurs capacités à impacter leur peuple.

Dans cette perspective le contient africain peut espérer une croissance correcte, une baisse de la dépendance technologique vis à vis de ses partenaires et la montée en puissance d’entrepreneurs locaux capables de satisfaire les besoins exprimés par les populations locales. 

Ibrahima Théo LAM

Militant engagé pour la cause africaine

E-mail : lamtheo79@yahoo.fr

Téléphone : 0033 6 10 87 96 13

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