Makhtar Faye sur la fraude supposée sur le contrôle technique des véhicules : « Un Car rapide de plus de 30 ans d’âge peut belle bien passer la visite »

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese), en marge de sa 2ème Session ordinaire de l’année 2019, a organisé ce mardi un panel sur le « Civisme et la sécurité routière ». L’occasion a été saisie par le Directeur de la nouvelle prévention routière, Makhtar Faye pour apporter des précisions sur les fraudes supposées sur le contrôle des véhicules.

Ceux qui doutaient de la transparence des contrôles techniques sur les véhicules de transport urbain, comme les cars communément appelés « Ndiaga Ndiaye » et « Car rapide » n’ont qu’à démordre. Le Directeur de la nouvelle prévention routière, Makhtar Faye pour ne pas le nommer lors d’un panel, en marge de la 2ème Session ordinaire de l’année 2019 du Conseil économique, social et environnemental (Cese) tenu ce mardi 05 novembre au siège de ladite institution sur « le civisme et la sécurité routière », a apporté des précisions de taille sur la fraude supposée du contrôle technique des véhicules de transport urbain. « Un car rapide de plus de 30 ans d’âge peut belle et bien avoir un contrôle technique. L’essentiel c’est d’avoir l’acceptabilité sur l’ensemble des éléments à contrôler », a-t-il déclaré. Selon lui, les visites techniques sont parfaitement exécutées au niveau du centre. Dans ses précisions toujours, il a révélé que parmi tous les véhicules qui ont eu à passer la visite technique, aucun n’a connu un accident à Dakar. « Jusqu’ici, aucun véhicule ayant réussi sa visite technique à Dakar n’est concerné dans un accident de la circulation », a affirmé M. Faye. Avant de faire comprendre à qui veut que le transport est tellement déficitaire à Dakar qu’on peut penser que le parc de « Ndiaga Ndiaye » et de « Cars rapides » augmentent. Alors que l’État du Sénégal dans sa politique de renouvellement du parc automobile, travaille à renforcer son secteur public pour offrir aux Dakarois un transport de qualité, avec Dakar Dem Dikk (Ddd) avec 475 bus réunis pour l’urgence et les 540 qui seront bientôt intégrés. Comme ces bus de cette entreprise de transport public n’ont connu aucun accident, le gouvernement travaille dans ce sens pour obtenir les mêmes résultats avec les opérateurs privés. Ce qui leur renvoie à un contrôle sanction.
Pour les véhicules particuliers, note-t-il, « nous sommes à 25 pour 1000 personnes. Ainsi sur les 30 % des déplacements motorisés réalisés à Dakar, 80 % se font par bus et par taxi. Le Brt dont le coût global est estimé à 300 milliards F CFA, 136 milliards sont consacrés à la mise en œuvre et 85 milliards sont saisis par la Banque mondiale.
S’exprimant toujours sur la sécurité routière Dr Makhtar Faye de signaler que 600 personnes perdent la vie au Sénégal par an et 4000 autres blessés dans des accidents de la route. Et parmi ces blessés graves certains vont jusqu’à être des handicapés à vie. Ce qui lui fait dire que « la sécurité routière est quelque chose de concrète », soit 28 accidents pour 100 000 habitants. « La vitesse est source de tous les accidents. Quand on roule vite, non seulement on consomme plus de carburant, mais on se fatigue très tôt, mais le véhicule peut sortir de la route et ne devient plus maniable », lance-t-il. Raison pour laquelle, ce dernier appelle à la mise en place d’une taxe de conduite pour limiter les effets de la vitesse. Mais aussi la ceinture de sécurité est primordiale pour amoindrir les chocs en cas d’accident, ainsi que le téléphone portable fait aussi des dommages énormes. L’alcool et la drogue ne sont pas du reste. Ils sont également sources de beaucoup d’accidents, de même que les médicaments de la rue. Pour lui, 7,2 millions de déplacement par jour dont 70 % se font à pied.
Sur l’incivisme, renseigne-t-il, le refus de porter un casque est nuisible. Beaucoup de gens conduisent sans connaître le code de la route. Selon lui, toujours, les accidents coûtent 70 milliards F CFA à l’État du Sénégal, en terme d’assurances, de réparation du véhicule, entre autres dégâts. Pour cela, il exhorte la sensibilisation des décideurs, mais aussi la formation pour renforcer la prise de conscience. « Sur 107 chauffeurs de transport on a vu que 12 seulement ont fait la formation. Ce qui ne leur permet pas de respecter l’acte citoyen, avec 25% des accidents sur la route qui sont dus à l’indiscipline, dans un pays où 90% des permis de conduire ne sont pas passés par une auto-école.
Pour Dr Thierno Birahim Aw du Cetud, au Sénégal deux personnes perdent la vie par jour à cause des accidents de la route. Selon lui, le transport interurbain tue le plus et c’est là aussi qu’on a plus de blessés. « Nous avons au Sénégal des véhicules de transport public de voyageurs de moyenne d’âge 26 ans. Raison pour laquelle, nous travaillons sur la mise en place du code de la route », indique-t-il.
Ce panel présidé par El Hadji Ibrahima Mbow, membre du Cese, est une occasion pour Ibrahima Ndongo du Forum civil, de faire savoir qu’au Sénégal les funérailles coûtent chères. Une raison de plus d’appeler à la sensibilisation. Et qu’une moto quatre temps pollue plus qu’un véhicule à cause du mélange qu’elle utilise.

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