UMOA : le succès de l’OAT émise par le Sénégal témoigne du regain d’intérêt des investisseurs pour les titres souverains

(UMOA TITRES) – Après deux années d’ajustement aux modifications règlementaires et de politique monétaire, les investisseurs de la zone UMOA affichent sur le premier semestre 2019 un regain d’intérêt pour les titres souverains. En témoigne, le succès de l’émission par adjudication de Titres Publics (MTP) sur le marché financier régional, effectuée par le Sénégal le 06 juin 2019.

En effet, sur un objectif de 50 milliards de FCFA recherché, l’Etat du Sénégal s’est vu offrir 129 milliards de FCFA, sur lesquels il a retenu 55 milliards de FCFA. Ceci, alors même que la dernière intervention de l’Etat du Sénégal remonte au mois de Septembre 2017 sur un bon assimilable du trésor de maturité 6 mois.

Une réussite rendue possible par le suivi continu de l’évolution du MTP, en collaboration avec l’Agence UMOA Titres, qui a permis à l’Etat du Sénégal de choisir le moment opportun pour ce retour et de profiter d’un contexte de marché favorable.

Il importe, par ailleurs, de relever que cette opération revêt un caractère particulier à trois niveaux, à savoir : la structuration, les prix proposés par les investisseurs et le taux de couverture enregistré.

Une structuration inédite sur le marché financier régional

Le contexte de marché ci-dessus évoqué a permis à l’Etat du Sénégal et à l’Agence UMOA titres de structurer une émission simultanée portant sur trois lignes d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) de maturité 3 ans, 5 ans et 7 ans pour un montant total de 50 milliards de FCFA. La particularité de cette structuration repose essentiellement sur la nature de ces trois instruments qui se trouvent être des titres in fine. Ce type d’amortissement renforce la liquidité de ces titres qui sont plus aisés à valoriser et à transiger et permettent à l’émetteur d’augmenter la duration de son stock de dette.

Il convient de noter qu’en dépit des nombreux avantages des titres in fine, les investisseurs affichent une préférence pour les titres amortissables. A ce titre, cette structuration est inédite, le dernier 7 ans in fine émis sur le marché régional remontant à Septembre 2017 avec les obligations synthétiques émises par la Côte d’Ivoire et le Bénin.

En cohérence avec les niveaux actuels du marché sur des instruments de maturité identique, les coupons proposés sur l’OAT 3, 5 et 7 ans ont été positionnés respectivement à 5,85%, 6% et 6,15%.

Cette structuration a été particulièrement bien accueillie par les investisseurs si l’on en juge les prix et les montants offerts sur les différents instruments.

Des prix qui confirme l’intérêt des investisseurs

En dépit d’une duration plus longue que celle proposée habituellement par les Etats de la zone, l’OAT 7 ans in fine a recueilli 35,642 milliards FCFA de soumissions avec des prix allant de 10 000 FCFA à 9 387 FCFA par titre. Bien que cette fourchette de prix soit relativement large, la dispersion des soumissions l’est beaucoup moins, 96,5% des offres sur cette maturité se situant sur la fourchette de prix allant de 10 000 FCFA à 9 800 FCFA, soit des rendements évoluant entre 6,15% et 6,50%.

La demande des investisseurs s’est massivement portée sur l’OAT 5 ans in fine qui a recueilli près de 50,13 milliards de soumissions avec une dispersion moins large en termes de prix que sur l’OAT 7 ans, ces derniers étant compris entre 10 030 FCFA et 9 530 FCFA. D’un point de vue purement statistique, 99,7% des soumissions sont faites à des prix entre 10 030 FCFA et 9 900 FCFA correspondant à des rendements entre 6% et 6,23%.

L’OAT 3A in fine a recueilli quant à elle 43,321 milliards FCFA de soumissions avec les surcotes les plus importantes, les prix allant de 10 050 FCFA à 9 660 FCFA. Sur cet instrument, 97% des soumissions se concentrent sur la fourchette allant de 10 050 FCFA à 9 961 FCFA soit des rendements compris entre 5,66% et 5,99%.

Les prix proposés – et en particulier les surcotes sur les OAT 3A et 5A qui restent relativement rares sur les maturités moyen terme – confirment l’intérêt des investisseurs pour les titres de l’Etat du Sénégal, titres bénéficiant aussi d’un effet de raréfaction dans les portefeuilles de titres des investisseurs.

Un taux de couverture qui illustre la réussite de l’opération

Ces résultats témoignent de la réussite de cette émission qui affiche ainsi un montant global de soumissions de 129 milliards FCFA soit un taux de couverture de 258%.

Toutefois, soucieux de rallonger la durée de vie moyenne de son portefeuille de dette, l’Etat du Sénégal a fait le choix de retenir :

20,6 milliards FCFA sur l’OAT 5 ans au prix marginal de 9 970 FCFA soit un prix moyen pondéré de 9 995 FCFA correspondant à un rendement moyen pondéré de 6,00% ;
34,4 milliards FCFA sur l’OAT 7 ans au prix marginal de 9 800 FCFA soit un prix moyen pondéré de 9 895 FCFA correspondant à un rendement moyen pondéré de 6,33%.
Une opération réussie pour un marché intégré et plus efficient

Le retour de l’Etat du Sénégal sur le MTP s’est donc soldé par une belle réussite, aussi bien en termes de taux de couverture, qu’en termes de caractéristiques des instruments finalement émis. L’Etat du Sénégal dispose ainsi de nouveaux benchmarks sur les maturités 5A et 7A qui permettront d’avoir une courbe de rendements « Etat du Sénégal » reflétant les conditions actuelles du marché.

Enfin, cette émission par sa taille et les résultats enregistrés marquent un tournant pour le MTP en imposant la structure in fine comme un standard auprès des investisseurs mais surtout des émetteurs avec la dynamisation du marché secondaire dans le viseur.

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