Energies : le Sénégal expérimente la génération d’électricité à base de GNL

Le Sénégal s’est doté d’une centrale flottante génératrice d’énergie à base de GNL couvrant près d’un sixième de ses besoins. L’ouvrage est un composant du projet d’exploitation pétrolière Grand Tortue Ahméyim (GTA) et une nouvelle étape dans son plan de développement d’un mix énergétique.
Le Sénégal expérimente la génération d’électricité à base de gaz naturel liquéfié (GNL). Dès octobre 2019, le navire turc de production d’électricité Ayşegül Sultan, qui a déjà pris la direction des eaux sénégalaises, devrait y produire 235 MW. Ces volumes couvrent 15 % des besoins en énergie de ce pays d’Afrique de l’Ouest d’environ 16 millions d’habitants.

La centrale flottante du navire de la société turque Karpower, filiale du producteur d’énergie Karadeniz Holding, est le premier projet de génération d’électricité à partir de GNL en Afrique, a annoncé le groupe dans un communiqué le dimanche dernier. Sur une période transitoire de six mois, la production se fera à base de carburant de transition. La génération d’électricité au Sénégal à partir du GN devrait débuter au cours du deuxième semestre de l’année 2020, avec du GNL importé.
Le gaz sénégalais pour faire du GNL
En effet, la Centrale électrique flottante à barge dont l’étude d’impact environnemental est en cours, “fonctionne avec un système dual HFO (fioul) ou au Gaz naturel pour une production de 125 MW”. L’ouvrage produit de l’électricité qui sera ensuite éjectée dans le réseau de la société nationale d’électricité la Senelec à travers la centrale de Bel AIr.

Le GNL sera importé jusqu’au démarrage de la production locale de gaz à partir de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), un gisement à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie qui devrait entrer en production au cours de la période 2022-2023.

Avant le projet l’Ayşegül Sultan, la société turque Karpowership -présente au Ghana- a annoncé sa prochaine implantation au Mozambique et lorgne des pays comme la Guinée-Bissau, la Gambie, le Soudan, la Sierra Leone ou encore la Zambie. Leader dans son domaine d’activités, la compagnie turque est présente dans 10 pays et exploite 22 centrales électriques.

Vers un mix énergétique au Sénégal
L’énergie générée par le GNL devrait aider le Sénégal à accélérer la couverture de ses besoins énergétiques. En 2016, la Banque mondiale a estimé que 65% des Sénégalais avaient accès à l’électricité, faisant du pays un leader régional en matière d’électrification. La demande en hausse combinée à la capacité de production limitée des infrastructures avait conduit à des coupures intempestives d’électricité -due à cette hausse de la demande- qui deviendront moins fréquentes à partir de 2012. Le pays a misé -sous la houlette de la Société nationale d’électricité (Senelec)- sur le Plan stratégique de la Senelec à l’horizon 2020, baptisé Yessal. (“rénover”, “transformer”, “reconstruire”, dans la langue locale).
Au Sénégal, la Société africaine de raffinage (SAR) assure l’approvisionnement du marché domestique en hydrocarbures. Le projet de la centrale énergétique flottante à partir du GNL s’inscrit dans un vaste programme où le pays compte associer les énergies fossiles aux renouvelables pour couvrir sa demande intérieure en énergie et exporter dans la sous-région. Le Sénégal projette de construire une deuxième raffinerie, une centrale en charbon et totalisait début 2018 près de quatre centrales photovoltaïques d’une capacité de 102 MW.
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