Selon le Conseil coton-anacarde, les deux filières, également impactées par la crise liée au Covid-19, devraient perdre quelque 455 millions de dollars de recettes à l’export.

La crise pandémique a fini par toucher deux des plus importantes filières agricoles à l’export en Côte d’Ivoire : la noix de cajou ou anacarde (1er producteur mondial) et le coton (3e producteur mondial). Les pertes en termes de recettes à l’export dans les deux filières sont estimées par le Conseil national coton-anacarde (CCA) à quelque 455 millions d’euros.

« Sur le marché international, les offres en direction de la Côte d’Ivoire étaient de 1 400 dollars la tonne pour la noix de cajou », a indiqué ce lundi à l’AFP le directeur du CCA Adama Coulibaly. « Les mêmes contrats négociés ont chuté, à l’apparition de la pandémie pour se situer à 900 dollars soit un gap de 500 dollars, sur 600 000 tonnes de produits à exporter vers le Vietnam et l’Inde », a expliqué Coulibaly, évoquant une perte de plus de 300 millions de dollars.

La production de coton graine absorbée par les industries textiles en Asie (Bangladesh, Chine, Thaïlande) a subi le même sort, rapporte l’AFP. Négocié à 1 007 Fcfa/kg (1,52 euro), le prix a baissé pour se situer à 600 Fcfa/kg (0,91 euro) pour une production de 170 000 tonnes à exporter, soit une perte de 172 millions de dollars.

« Le coronavirus a impacté en termes financiers nos activités en Asie, notre principal débouché. Nous avons été confrontés à l’absence de clients, de contrats et un manque de financement pour les acheteurs », a souligné le directeur du CCA.

Une compagne impactée par le déficit de pluviométrie dans le nord

La campagne 2018/2019 de noix de cajou s’était soldée par une production de 634.000 tonnes, contre 761.000 précédemment, soit une baisse de 17 %. La Côte d’Ivoire espérait une production de 800 000 tonnes sur 2019-2020, mais cet objectif ne devrait pas être atteint.

« Nous ne sommes plus certains d’atteindre les 800.000 tonnes en 2020, en raison d’un déficit de pluviométrie dans le nord du pays, principale zone de production », alors que la campagne avait bien démarré avec tous les indicateurs au vert », selon le CCA.

Le secteur ivoirien de l’anacarde compte 250 000 producteurs regroupés dans une vingtaine de coopératives et emploie deux millions de personnes, directement et indirectement. La production ivoirienne de coton 2019-2020 devrait croître par rapport à la précédente récolte de 458 000 tonnes, qui a hissé le pays au 3e rang africain.

Accélérer la stratégie de transformation agricole

Mais les revenus de la filière anacarde – avec ceux du cacao – restent faibles tant que les stratégies de transformation agricole ne sont pas généralisées, surtout que la Côte d’Ivoire est le premier producteur à l’échelle mondiale de noix de cajou et de cacao. Lors d’un entretien accordé en avril 2019 à La Tribune Afrique, Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre des Ressources animales et halieutiques nous confiait que la Côte d’Ivoire avait décidé d’investir dans la transformation locale du cacao et de l’anacarde, les deux premiers produits d’exportation.

« L’expérience a montré que la production, puis l’exportation des produits à l’état brut ne permettent pas à l’agriculture de générer des emplois de qualité et des produits à haute valeur ajoutée à l’export. La vente de la production agricole, se fait à de bas prix et n’est pas en mesure d’assurer aux agriculteurs de rentabiliser leurs exploitations », expliquait-il en marge de la 14e édition du Salon international de l’Agriculture au Maroc.

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