INTRODUIRE UNE NOUVELLE NOTION DE RESPONSABILITE SOCIETALE MONDIALE (RSM)

Le monde est dans la tourmente à cause du coronavirus. L’impact de la peur sur une humanité déboussolée n’est plus à démontrer ; je n’y reviendrais pas. Incontestablement on assiste à une troisième guerre mondiale. Cette fois ci, contrairement aux deux confrontations mondiales précédentes, il ne s’agit pas d’un conflit entre nations ou groupe de nations mais d’un conflit entre l’humanité et une armée invisible, minuscule, venue d’on ne sait où. C’est pourquoi cette guerre est plus difficile et plus sournoise car en filigrane se profile le risque de voir l’humanité disparaître. A moins que le génie humain n’arrive à prendre le dessus. Et dans un tel scenario hautement souhaitable, le monde ne peut se passer de mener une introspection et modifier de fond en comble l’ordre mondial actuellement en vigueur.

Cet ordre mondial, nous y étions déjà depuis la chute du mur de Berlin qui a consacré un monde unipolaire dominé par les Etats-Unis. Cet ordre au service de la haute finance internationale s’est illustré par des armées occidentales coalisées au service des marchands d’armes et de la finance internationale qui ont mis toutes les banques centrales mondiales dans leur escarcelle, en dehors de quelques-unes comme celles de Cuba, de l’Iran, de la Corée du Nord et de la Libye (avant la mort de Kadhafi). L’Ordre mondial en vigueur s’est installé par un coût élevé en termes de sang des peuples. Le Moyen-Orient en est la preuve. Des peuples envahis et bombardés juste pour faire main basse sur leurs ressources et pour assurer la sécurité d’Israël. Un continent plein de richesses comme l’Afrique n’arrive toujours pas à s’inscrire dans une dynamique de développement.

Au demeurant, la montée en puissance de la Chine, de la Russie et de l’Iran, a prouvé à l’Amérique qu’elle a perdu ses suprématies économiques et militaires et que le monde est devenu multipolaire à nouveau. L’Amérique n’a plus les capacités de maintenir son ordre. La récente frappe de l’Iran contre ses bases en Irak a suffi pour déboulonner un mythe entretenu par l’intimidation à la fois des ennemis et des alliés. 

L’Amérique tarde à comprendre que le monde actuel n’est plus celui de 1989, date de l’implosion de l’URSS. Le monde a besoin d’une nouvelle dynamique de relations internationales porteuses de franche coopération, de paix, de sécurité et de prospérité pour tous, toutes valeurs que l’ordre croulant actuel se refuse de permettre à l’humanité. 

Les historiens devraient le moment opportun nous édifier sur l’origine du virus qui peut être soit accidentelle (liée à la défection de notre environnement sanitaire) soit criminelle (arme politique ayant dégénéré et initialement destinée à affaiblir des menaces potentielles comme la Chine au plan économique et l’Iran au plan géopolitique).

En tout état de cause, l’économie mondiale devrait sortir complètement affaiblie de l’épreuve du COVID-19 qui est un pas vers une crise financière mondiale. Je suis de ceux qui pensent que la crise est sanitaire mais ses causes sont métaphysiques. Comment en effet comprendre que « des puissances économiques et miliaires très solides sur le papier en arrivent â être « terrorisé » à ce point par un être si minuscule ?

Cette crise est la résultante d’un dysfonctionnement d’un système. La terre ainsi que l’univers fonctionnent sur la base d’une logique de système avec ses propres objectifs, ses mécanismes d’autocontrôle et d’autorégulation et naturellement ses pouvoirs de sanction à chaque fois que ses équilibres et son harmonie sont rompus.

Parmi les équilibres indispensables au fonctionnement du système figurent quelques exemples : l’eau du fleuve et de la mer qui ne se mélangent pas ; les éléments de la création produits, tous,  en couple ; l’alternance de la nuit et du jour , les montagnes  positionnées à des endroits vulnérables de la terre pour les stabiliser, les créations biologiques (animaux, humains ou végétaux) qui obéissent à des normes et logiques bien définies dont les vocations premières semblent être la régénération, la conservation de l’identité et le respect de cycles naturels programmés.

Or, force est de constater que l’homme remet en cause fondamentalement le fonctionnement du système par les Organes Génétiquement Modifiés (OGM), l’altération de diverses créations (cueillette prématurée de fruits et légumes, croisement d’animaux), la pratique d’actes contre nature, les crises morales, la corruption engendrant des déséquilibres fondamentaux dans l’allocation judicieuse des ressources au niveau planétaire et la perte d’éthique.

Cette rupture dans l’harmonie crée des désordres nuisibles aux progrès économiques et sociaux de l’humanité. Et les phénomènes naturels nous le rappellent à chaque fois par des crises. Le mérite du COVID 19 est d’avoir mis en relief nos faiblesses ; Sentiment de vulnérabilité de l’être humain dans le cosmos ; fragilité de nos Etats face à des menaces apparemment mineures comme c’est le cas de certains virus ; écoute peu suffisante des courants de pensée immatérialistes comme les religions dans  les stratégies globales de construction du monde. Le tout matériel a montré ses limites ;  égoïsme de certains Etats avec des tendances identitaires et de replis sur soit flagrants ; les entorses notées dans la libre circulation des personnes à l’échelle mondiale en est une illustration ; déséquilibres sociaux et économiques entretenus par les puissances dominantes laissant en rade des milliards de personnes  structurellement pauvres et malnutris ;  concentration d’une part importante de la production mondiale dans un seul pays en l’occurrence la Chine.

Un nouvel ordre mondial devrait s’éclore. De manière non exhaustive nous pensons aux axes de réflexions ci-dessous :  repenser nos modèles d’Etat par une prise en compte plus accrue dans nos règles de vie  des équilibres qui ont fondé l’humanité et en encadrant au mieux les libertés permissives ;   revisiter la conception universelle des droits de l’homme en écoutant au mieux les courants de pensée religieux ;  commencer à mener des réflexions approfondies et sérieuses sur le « d’où venons-nous et où allons  nous »  et sur le «  à qui appartient notre cher monde ». Une réflexion métaphysique d’introspection s’avère désormais nécessaire afin de déceler lesquels de nos actions et comportements ne cadrent pas avec les lois fondamentales universelles ; introduire une nouvelle notion de RESPONSABILITE SOCIETALE MONDIALE (RSM)

–  Imaginer un nouveau modèle de développement économique qui laisse plus de place à la justice sociale et à la lutte contre la corruption ;

– restructurer l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en revisitant ses missions et en la rendant moins bureaucratique de manière à accroître son efficacité ;

– vu l’importance capitale que revêtent les préoccupations sanitaires dans l’évolution du monde, les Etats devraient augmenter leurs budgets de recherche développement en matière de santé et imaginer des mécanismes plus efficaces de contrôle des multinationales évoluant dans ce secteur et pourquoi pas les renationaliser ;

-repenser et promouvoir une mondialisation plus éthique moins boursière et financière et d’avantage accès sur l’humain et sur des échanges virtuels (développement NTIC et téléconférence) en limitant au maximum des déplacements physiques sources de propagation de maladie ;

-revisiter le contenu à donner au concept de laïcité et réformer en profondeur les systèmes éducatifs universels notamment occidentaux en y introduisant une bonne dose d’éducation religieuse ;

– réformer le Conseil de sécurité des Nations Unies en faisant en sorte qu’il soit plus représentatif des rapports de force géopolitiques mondiaux.

Magaye GAYE

Economiste Sénégalais

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